Coulisses

Tunisie : élections sous pression

Des ombres sur le mur de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), dimanche 15 septembre 2019 à Tunis.

Des ombres sur le mur de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), dimanche 15 septembre 2019 à Tunis. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA

D'après nos informations, certains candidats ont tenté de faire annuler l'élection présidentielle, dont le premier tour s'est tenu dimanche 15 septembre, en mettant notamment la pression sur l'Instance électorale.

L’échec de Youssef Chahed au premier tour de la présidentielle (7,4 %) a fait bondir ses soutiens et bailleurs de fonds. Selon nos sources, lors d’une réunion, le 16 septembre, certains ont même envisagé de définir une stratégie pour faire annuler le scrutin.

Des sources proches de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) confirment en outre que plusieurs partis politiques avaient tenté, avant l’annonce des résultats, de faire écarter les deux favoris du premier tour, Kaïs Saïed et Nabil Karoui, notamment pour dépassement de frais de campagne.

Tous les recours rejetés

Lundi 23 septembre, le tribunal administratif a toutefois indiqué que tous les recours déposés contre les résultats du premier tour de la présidentielle ont été rejetés. Les six candidats dont les recours n’ont pas donné de suites ont jusqu’au 26 septembre pour faire appel de ces décisions.

Six personnes, dont le ministre de la Défense Abdelkrim Zbidi, arrivé 4e, et le Premier ministre Youssef Chahed, 5e, avaient déposé des recours devant le tribunal administratif, certains demandant l’annulation du scrutin ou l’invalidation de candidats. Chahed a fait valoir que Nabil Karoui avait bénéficié d’un soutien indu de la chaîne que celui-ci a fondée, Nessma, l’une des principales chaînes privées en Tunisie, qui a mené campagne pour lui en dépit des critiques de l’instance de contrôle de l’audiovisuel.

Zbidi a plaidé que c’était également le cas d’Abdelfattah Mourou, le candidat du parti d’inspiration islamiste Ennahdha, arrivé 3e, accusé d’avoir été soutenu par la chaîne Zitouna. Le ministre réclamait l’invalidation de ces deux candidatures, ce qui aurait fait de lui l’adversaire de Kaïs Saïed au second tour.

Trois recours, dont celui d’Abdelkrim Zbidi, ont été refusés pour vice de forme et trois autres, dont celui de Youssef Chahed, sur le fond, a indiqué le tribunal administratif.

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