Politique

Niger : Hassoumi Massaoudou fait son retour dans un gouvernement « de cohésion »

Hassoumi Massaoudou, ex-ministre de l'Economie et des Finances, a été nommé « ministre d'État à la présidence ».

Hassoumi Massaoudou, ex-ministre de l'Economie et des Finances, a été nommé « ministre d'État à la présidence ». © Vincent Fournier/Jeune Afrique

À un peu plus d’un an de la présidentielle, Mahamadou Issoufou a procédé le 21 septembre à un léger remaniement. Ses proches Issoufou Katambé, Foumakoye Gado et Hassoumi Massaoudou - pourtant un temps écarté - en sont les grands gagnants.

À un peu plus d’un an de la prochaine élection présidentielle – dont le premier tour doit se tenir fin décembre 2020 -, le temps de la campagne est semble-t-il venu. Le 21 septembre, le chef de l’État Mahamadou Issoufou a en tout cas procédé à un léger remaniement ministériel qui laisse un peu plus la part belle aux grands barons du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir).

Issoufou Katambé est ainsi nommé ministre de la Défense, où il remplace Kalla Moutari, désigné ministre de l’Hydraulique (portefeuille que Katambé occupait jusqu’ici). Quant à Foumakoye Gado, il conserve son poste à l’Énergie et au Pétrole, mais – alors que Niamey vient de lancer son nouveau plan pétrolier – accède au rang de ministre d’État.

Massaoudou de retour

Katambé et Gado sont tous deux d’importants membres du présidium du parti au pouvoir et avaient soutenu la désignation de Mohamed Bazoum, ministre de l’Intérieur, comme candidat pour la présidentielle. Ils retrouveront un autre proche du président, qui fait son retour dans l’équipe gouvernementale : Hassoumi Massaoudou. Nommé ministre d’État à la présidence, ce dernier met ainsi fin à une mini-traversée du désert. Limogé le 31 janvier dernier de son poste de ministre des Finances, il avait à l’époque payé une ambition trop affichée pour sa propre candidature à l’élection de décembre 2020. Mais la manœuvre avait déplu au président Issoufou, personnellement déçu par cet acte de défiance.

Le débat est clos. Massaoudou s’est rangé derrière le choix du président

Peu imaginaient toutefois que la mise à l’écart de Massaoudou se prolongerait indéfiniment. Proche du président depuis des décennies, celui-ci a été l’homme des dossiers sensibles – au même titre que Mohamed Bazoum – et connaît chacun des rouages du pouvoir, pour en avoir tenu une partie entre ses mains aux Finances ou à la Défense.

« Le débat est clos. Massaoudou s’est rangé derrière le choix du président [Mohamed Bazoum] et va travailler comme avant pour le parti », explique une source au sein du PNDS. « Même après l’épisode de janvier, il garde une place importante dans le système PNDS et a de l’influence auprès des barons, notamment dans sa région de Dosso », ajoute un politologue.

« Un message de cohésion »

En mars dernier déjà, Hassoumi Massaoudou avait participé à Dosso – aux côtés de Foumakoye Gado, le président de la fédération régionale du PNDS – à la réunion du parti validant la candidature de Mohamed Bazoum à la présidentielle. Beaucoup y avaient vu l’amorce d’un retour aux affaires.

« Nous entrons en période électorale, avec les locales, les législatives et la présidentielle qui auront lieu entre fin 2020 et début 2021 », explique un cadre du PNDS. « Il fallait avant tout envoyer un message de cohésion », conclut-il.

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