Tourisme

Tourisme : 600 000 voyageurs en rade après la faillite de Thomas Cook

Bureau d'enregistrement vide du voyagiste Thomas Cook, à l'aéroport de Gatwick, Angleterre, le lundi 23 septembre 2019.

Bureau d'enregistrement vide du voyagiste Thomas Cook, à l'aéroport de Gatwick, Angleterre, le lundi 23 septembre 2019. © Alastair Grant/AP/SIPA

Le plus ancien voyagiste du monde, le britannique Thomas Cook, s'est déclaré lundi en faillite après avoir échoué au cours du week-end à trouver des fonds nécessaires pour sa survie, déclenchant le rapatriement sans précédent de ses quelque 600 000 clients en vacances dans le monde.

Sur le continent africain, ce sont pas moins de 2 761 destinations de « voyages » que Thomas Cook commercialise via son site internet. Le nombre de personnes et d’infrastructures touristiques impactées par sa faillite n’est pas encore connu.

Le groupe a expliqué que « malgré des efforts considérables » au cours du week-end, « les discussions entre les différentes parties prenantes du groupe et de nouvelles sources de financements possibles n’ont pas débouché sur un accord. Le conseil d’administration a donc conclu qu’il n’avait d’autre choix que de prendre les mesures pour entrer en liquidation judiciaire avec effet immédiat ».

En parallèle, l’Autorité britannique de l’aviation civile (CAA) a affirmé que Thomas Cook « a cessé ses activités avec effet immédiat. Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées. »

Une cellule de crise a été créée ce lundi matin au Maroc. Elle réunit des cadres du ministère du Tourisme, des professionnels membres de la Confédération nationale du tourisme et des équipes de l’Office national marocain du tourisme répartis sur tout le territoire. Son objectif est de faire remonter les informations concernant la présence des clients de Thomas Cook au Maroc, afin d’encadrer au mieux leur rapatriement vers leur pays d’origine.

Échec de la recapitalisation

Les cabinets de conseil AlixPartners et KPMG devraient être nommés administrateurs des différentes filiales du groupe. Le patron du voyagiste, Peter Fankhauser, a souligné que « bien qu’un accord ait été déjà largement approuvé, une requête pour des fonds supplémentaires ces derniers jours a présenté une difficulté qui s’est révélée insurmontable ».

Le destin du voyagiste s’est en effet joué en quelques jours : des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres et mené par le chinois Fosun International, premier actionnaire, soit validé.

Je tiens à m’excuser auprès de nos millions de clients, nos milliers d’employés, fournisseurs et partenaires qui nous soutiennent depuis des années

Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, en vain. « C’est un profond regret pour le conseil d’administration et moi de ne pas avoir réussi. Je tiens à m’excuser auprès de nos millions de clients, nos milliers d’employés, fournisseurs et partenaires qui nous soutiennent depuis des années », a ajouté Peter Fankhauser, déplorant aussi un « jour profondément triste pour une entreprise pionnière du voyage organisé ».

Fosun, de son côté, s’est déclaré lundi 23 septembre « déçu que Thomas Cook Group n’ait pas été en mesure de trouver une solution viable pour sa proposition de recapitalisation ». Né en 1841, le tour opérateur indépendant le plus vieux du monde compte 22 000 employés dont 9 000 au Royaume-Uni, qui vont pour la plupart se retrouver au chômage dès lundi.

Concurrence du low-cost et Brexit

Le voyagiste, très lourdement endetté, a vu son horizon s’assombrir ces dernières années à cause de la concurrence acharnée des sites internet de voyage à bas prix et de la frilosité des touristes, inquiets du Brexit notamment. Il avait annoncé une perte abyssale de 1,5 milliard de livres pour le premier semestre, pour un chiffre d’affaires de quelques 10 milliards de livres.

« Les clients qui sont à l’étranger doivent consulter le site www.thomascook.caa.co.uk et ne se rendre à l’aéroport que lorsqu’ils ont un vol alternatif confirmé », enjoint la CAA, qui précise les numéros des lignes téléphoniques spéciales ouvertes pour aider les voyageurs (0300 303 2800 en Grande-Bretagne et Irlande, +44 1753 330 330 depuis les autres pays) ou renvoie vers son fil Twitter.

La CAA ajoute avoir sécurisé des avions spéciaux pour cette opération colossale qui devrait durer jusqu’au 6 octobre, même si certains touristes pourront rentrer par des vols commerciaux. Elle rappelle que les voyages organisés bénéficient de la garantie ATOL, qui découle d’une directive européenne. Cette législation s’applique aux autres membres de l’UE. Parmi eux notamment, la France et l’Allemagne ont de gros contingents de clients de Thomas Cook, lesquels devraient bénéficier de fonds de garantie locaux.

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