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Assurances : Sanlam vise l’Éthiopie pour réduire sa dépendance à l’Afrique du Sud

Siège de Sanlam

Le sud-africain Sanlam vise l’Éthiopie et l’Égypte (siège au Cap). © Crédit : Sanlam

Le plus grand assureur d’Afrique, Sanlam, est en pourparlers « très avancés » avec un partenaire potentiel en Éthiopie pour profiter des perspectives de croissance économique du pays. Entretien avec Heinie Werth, nouveau PDG de l’unité des marchés émergents de Sanlam, par David Whitehouse.

« Très satisfait » des progrès réalisés dans les négociations, Heinie Werth, responsable de l’unité des marchés émergents de Sanlam en poste depuis le 1er août, a déclaré qu’un accord pourrait être conclu « le plus tôt possible » avec un partenaire éthiopien. Si cet accord initial ne nécessitera pas d’investissement financier de la part de Sanlam, l’achat d’une participation dans le partenaire pourrait être discutée par la suite a-t-il précisé.

Lancé dans une stratégie de diversification de sa géographique et de ses produits, le groupe Sanlam, plus grand assureur du continent opère dans trente-trois pays africains, ainsi qu’en Inde, au Liban et en Malaisie. L’entreprise a l’ambition de devenir un « guichet unique » pour les services financiers non-bancaires proposés aux multinationales, décrypte Heinie Werth.

Sanlam est en passe d’arriver en Éthiopie, « une économie prospère avec un marché de la construction en plein développement », souligne le chef d’entreprise.

L’investissement en Éthiopie est freiné par l’interdiction faite aux étrangers d’être propriétaires dans le pays ; le partenariat est donc le seul moyen d’y faire affaires. Au sujet de ce partenariat, Heinie Werth ajoute que cet « accord prospectif pourrait porter sur de la réassurance et de la tarification de produits ».

Et des signes de libéralisation commencent à émerger : en juillet, une nouvelle législation a permis aux membres de la diaspora du pays d’investir dans le secteur bancaire. En août, Ethio Lease est devenue la première société à capitaux étrangers à obtenir une licence de services financiers éthiopienne.

Ralentissement du marché sud-africain

Ce rapprochement vers l’Éthiopie est aussi un manière pour Sanlam de réduire sa dépendance à ses affaires en Afrique du Sud, pays dans lequel il déplore un « environnement opérationnel faible » dans ses résultats semestriels publiés le 5 septembre. Le marché sud-africain de souffre actuellement d’un « manque de confiance des investisseurs », commente Heinie Werth.

A contrario, le résultat net de la branche « marchés émergents » a bondi de 50% au cours du semestre écoulé, tiré par une hausse de 59% du bénéfice des activités panafricaines de la société.

L’influence de la Chine

Les liens économiques entre l’Afrique et la Chine semble limiter l’efficacité de cette stratégie de diversification. « L’Afrique est très dépendante des matières premières, estime Heinie Werth, et donc vulnérable au ralentissement économique chinois ou à l’aggravation de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ».

« Il y a beaucoup de facteurs qu’on ne peut pas contrôler » reconnaît-il, mais la diversification de Sanlam peut lui permettre de faire face à cette conjoncture, car « tout le monde n’est pas impacté au même moment » anticipe Heinie Werth.

« L’Afrique francophone et le Maroc sont relativement peu dépendants de l’économie chinoise », estime l’assureur. « Le Kenya est bien diversifié, tandis que le Botswana et la Namibie sont déterminés par des facteurs autres que la Chine », poursuit-t-il. La société étudie également la possibilité d’un partenariat en Égypte, même si aucuns pourparlers n’ont commencé, indique Heinie Werth.

Il considère l’Égypte comme une économie « puissante », comparable à celle de l’Afrique du Sud ou du Nigeria, et qui attire de plus en plus d’entreprises internationales. Finalement, le danger pour Sanlam, estime Heinie Werth, est que les entreprises et les investisseurs manquent de discernement pour identifier les pays africains qui souffriront réellement du ralentissement de l’économie chinoise.

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