Religion

Polémique sur le voile au Sénégal : comment le Vatican est intervenu auprès de Jeanne-d’Arc

L'école Sainte Jeanne d'Arc à Dakar, ici le 4 septembre 2019, avait demandé que filles et garçons aillent à l'école la tête découverte.

L'école Sainte Jeanne d'Arc à Dakar, ici le 4 septembre 2019, avait demandé que filles et garçons aillent à l'école la tête découverte. © AFP/Seyllou

À la suite d’un compromis entre l’État et l’école privée catholique de Dakar, les 22 filles voilées ont réintégré, ce jeudi, les classes dont l’accès leur était jusque-là refusé. Un accord – provisoire – auquel le Vatican n’est pas étranger.

« La nonciature apostolique (la représentation diplomatique du Saint-Siège) au Sénégal, suivant l’invitation du pape François au dialogue inter-religieux et à la cohésion sociale, a contacté directement la supérieure-générale des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny », la congrégation responsable de Jeanne-d’Arc, a déclaré le bureau de presse du Saint-Siège.

Celle-ci a demandé à ses consœurs de Dakar de « faire le possible pour parvenir à un compromis et trouver une solution à une situation complexe », a ajouté le Vatican.

Polémique

Vingt-deux élèves voilées de Sainte-Jeanne-d’Arc s’étaient vues refuser l’accès à cette école réputée de Dakar depuis le 3 septembre en vertu d’un nouveau règlement selon lequel la seule tenue autorisée serait l’uniforme habituel « avec une tête découverte, aussi bien pour les filles que les garçons ».

La mesure avait suscité une vive polémique dans le pays, réputé pour sa tolérance religieuse. La police avait procédé à l’interpellation d’au moins quatre personnes qui manifestaient devant l’école pour protester contre l’interdiction du voile.

Un accord avait finalement été trouvé le 12 septembre entre le ministère de l’Éducation nationale et la direction de l’école, fondée en 1939 par la Congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Cluny, basée en France.

Selon ce compromis, uniquement valable pour l’année scolaire en cours, les 22 élèves concernées peuvent réintégrer l’école en portant l’uniforme, « assorti d’un foulard de dimensions convenables, fourni par l’établissement et qui n’obstrue pas la tenue ».

« Toutes les 22 élèves ont été réadmises. On a respecté l’accord », a déclaré jeudi la proviseure de l’ISJA, Rayanna Tall.

Réadmission

« Les élèves ont été réadmises sans problème. Elles portent un foulard qui couvre la tête, les oreilles, la nuque et le cou. Ça couvre ce que ça doit (couvrir), ça montre le visage tout simplement, comme le demande la religion musulmane », a déclaré le père d’une élève, Abou Daoud. « Mes deux filles ont repris les cours sans problème. Le foulard couvre bien la tête », a également confirmé une mère de famille.

Sainte-Jeanne-d’Arc compte quelque 1.700 élèves, pour une bonne part enfants de familles aisées ou d’origine étrangère, notamment libanaise.

Le Sénégal, « République laïque, démocratique et sociale » selon la Constitution, compte plus de 90% de musulmans. Le hijab, qui ne laisse voir que l’ovale du visage et dont l’usage est courant ailleurs dans le monde musulman, reste marginal au Sénégal, où il est porté par des Sénégalaises aux pratiques rigoristes et par des étrangères.

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