Technologie

High tech : Andela change de stratégie et coupe dans ses effectifs en Afrique

Les six fondateurs d'Andela (de gauche à droite) : Brice Nkengsa, Iyinoluwa Aboyeji, Ian Carnevale, Christina Sass, Jeremy Johnson, Nadayar Enegesi. © Rotimi Okungbaye

En même temps que d'annoncer un chiffre d'affaires prévisionnel de 50 millions de dollars (45 millions d'euros) pour 2019, la start-up américaine, active dans six pays du continent, a fait savoir mardi qu'elle se séparait de 420 ingénieurs codeurs.

L’annonce a de quoi surprendre. Dans un communiqué publié mardi sur le site d’Andela, une start-up américaine spécialisée dans le recrutement, la formation et le placement de codeurs africains pour le compte de grandes entreprises technologiques internationales, son cofondateur et directeur général, Jeremy Johnson, annonce qu’il va procéder au licenciement de 250 codeurs nigérians et ougandais ainsi que 170 kényans, alors même que l’entreprise table sur un chiffre d’affaires de 50 millions de dollars pour 2019.

Une offre inadaptée à la demande

Soutenue depuis sa création en 2014 par les fonds d’investissement de la tech mondiale – qui ont injecté 180 millions de dollars dans le projet -, la start-up annonce également la fin au Nigeria, en Ouganda et au Kenya, de son principal programme de recrutement ciblant les candidats sans pré-requis et baptisé « D0 » (développeur au niveau zéro). Celui-ci demeure néanmoins actif au Rwanda, où Andela s’est implanté en 2018.

Ce changement de cap n’est pas négligeable pour cette start-up dont la réputation s’est construite sur la promesse de contribuer significativement à la création d’emploi sur le continent en formant 100 000 développeurs en dix ans.

Selon Jeremy Johnson, le choix de former une masse de profils juniors résulte d’une mauvaise lecture du marché. « Il est devenu clair que la majorité de la demande concerne des talents plus expérimentés. Par conséquent, nous avons commencé à recruter et évaluer des ingénieurs de niveau intermédiaire et supérieur, qui représentent maintenant plus de 25 % de notre bassin de talents », explique le dirigeant, dont l’entreprise a formé jusqu’ici plus de 1 500 codeurs entre Lagos, Nairobi, Kampala et Kigali, pour 200 entreprises, dont Microsoft, IBM, Viacom ou Safaricom.

Replacer les collaborateurs

En d’autres termes, Andela préfère se séparer des codeurs juniors qu’elle n’arrive pas à placer et assure que ces derniers seront indemnisés et suivis dans leur recherche d’emploi. Pour ce faire, l’influente jeune pousse a noué des partenariats avec les incubateurs Co-creation Hub (CcHUB) au Nigeria, iHub au Kenya et Innovation Village en Ouganda afin qu’ils trouvent des postes à pourvoir au sein de start-up locales.

L’aide s’organise aussi sur les réseaux sociaux . Sur Twitter, de nombreux recruteurs font déjà connaître leur volonté de recruter les ex-codeurs d’Andela.

D’autres mettent en place une base de données des anciens d’Andela à contacter.

Second coup dur

En parallèle, Andela déclare vouloir recruter 700 personnes d’ici fin 2020 pour inverser son vivier de talents et compter une majorité de profils expérimentés.

C’est le second coup dur que connaît l’entreprise depuis sa création. En juillet, la cofondatrice et présidente, Christina Sass, a annoncé sa démission pour se concentrer sur de nouveaux projets. Elle demeure dans le giron d’Andela en siégeant au conseil consultatif. Mais depuis son départ, personne ne lui a succédé.

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