Économie

Microfinance : première levée de fonds pour la fintech nigériane Kuda Bank

Fondée en 2016 par un multi-entrepreneur et un ingénieur informatique, la jeune pousse dispose depuis juin d’une licence délivrée par la Banque centrale du Nigeria, et vient de lever 1,6 million de dollars (1,45 million d’euros) auprès d’investisseurs privés.

Mis à jour le 17 septembre 2019 à 17:38

Babs Ogundeyi (à gauche) et Musty Mustapha ont cofondé Kuda Bank en 2016. © Kuda Bank/2019

L’entreprise s’appelait Kudimoney jusqu’en 2018. Elle proposait initialement des prêts en ligne au Nigeria pouvant aller jusqu’à 5 000 dollars remboursables en 12 mois.

Elle a été renommée Kuda Bank en juin 2019, lorsque ses cofondateurs, Babs Ogundeyi et Mustapha Musty, ont décroché la licence bancaire en microfinance délivrée par la Banque centrale du Nigeria. Dès lors, elle a entamé une levée de fonds, qui s’est clôturée début septembre à 1,6 million de dollars.

Le tampon de grands investisseurs

La somme a pu être réunie grâce à un consortium d’investisseurs privés fédérés par Haresh Aswani, directeur général du trust singapourien Tolaram Group, spécialisé dans les biens de consommation et les services numériques. Au passage, le dirigeant intègre le conseil d’administration de la jeune pousse basée à Londres et dont une filiale se trouve à Lagos.

À LireMicrofinance : la concurrence s’accroît en Afrique de l’Ouest

Parmi les investisseurs, on trouve Ragnar Meitern, cadre dirigeant du groupe bancaire allemand ING. Depuis 2016, ce dernier a investi à titre personnel dans plusieurs projets, dont la plateforme de chauffeurs Taxify, la banque britannique Monese, la start-up Bondora, spécialisée dans l’investissement, ou encore dans la plateforme de streaming VDU Box.

10 000 guichets en projet

Cette première levée de fonds doit permettre à Kuda de créer un service de relation client et de renforcer son équipe de développeurs lui permettant ainsi de passer d’une version bêta à un véritable lancement. Elle propose d’ores et déjà, via une application mobile, les mêmes services qu’une banque traditionnelle : compte courant, carte de paiement, et un service d’options d’épargne qui sera lancé dans les prochains mois.

À LireDe la microfinance à la banque : au Cameroun, CCA Bank a sauté le pas

Pour être rentable, la banque intégralement en ligne compte exploiter l’effet de levier permis par ses soldes bancaires. Elle a noué des partenariats avec GTBank, Access Bank et Zenith Bank, lui permettant de disposer de 10 000 guichets où retirer et déposer des sommes en liquide.

Interrogé par le site américain TechCrunch, Babs Ogundeyi, co-fondateur et directeur général de Kuda Bank, a d’ores et déjà confié vouloir à terme créer une « banque panafricaine exclusivement numérique ».