BTP & Infrastructures

Ciment : le groupe turc Limak veut se tailler une part du marché ivoirien

Cimenterie (image d'illustration)

Cimenterie (image d'illustration) © Crédit : Thatlowdownwoman

Limak of Africa, la filiale africaine du conglomérat turc Limak, a lancé la production de sa première cimenterie d’Afrique de l’Ouest dans la nouvelle zone industrielle de PK24, dans le nord d’Abidjan.

Le groupe turc Limak met les pieds dans un secteur de la cimenterie ivoirien très concurrentiel, avec plusieurs unités de cimenterie pour une production avoisinant plus de six millions de tonnes par an, dans un contexte de forte croissance de la demande, du fait du programme de construction de 60 000 logements du gouvernement et du boom du BTP et de l’immobilier.

L’unité industrielle que le groupe vient de dévoiler dans la nouvelle zone industrielle de PK24 revendique une capacité de production de 1 million de tonnes par an. Selon son business plan, Limak a prévu de doubler progressivement la production à 2 millions de tonnes puis de passer à terme à 4 millions de tonnes, la pleine capacité de production du site.

La première phase a coûté 68 millions d’euros, au-delà des 48 millions estimés initialement. Le financement a été assuré d’une part (pour environ 20 millions d’euros) par des fonds propres de Proparco, la filiale dédiée au secteur privé de l’Agence française de développement (AFD), et d’autre part par la banque allemande DEG.

« Cette unité viendra participer à la compétitivité du prix ciment. La multiplication des cimenteries brise le cartel qui s’était instauré dans le secteur. Le gouvernement jouera son rôle de créer un environnement concurrentiel qui bénéficiera au consommateur « , a expliqué le 13 septembre Souleymane Diarrassouba, le ministre du Commerce et de l’industrie.

À l’assaut de SCA, Ciminter et la Cimaf

Le secteur était jusque-là contrôlé par des acteurs majeurs comme la Société des ciments d’Abidjan (SCA) du groupe français Amida, Ciminter de LafargeHolcim (Ex-Socimat) ou la Cimaf (groupe marocain Addoha). L’usine d’Abidjan de Limak comprendra aussi une unité de fabrication de béton industriel d’une capacité de production d’un million de mètres cubes par an.

Ce site vient compléter un ensemble d’autres implantations de Limak en Afrique subsaharienne, au Mozambique et au Sénégal. À Maputo, les Turcs ont ainsi bâti une cimenterie d’une capacité annuelle de 700 000 tonnes, fonctionnelle depuis février 2018. Le développement de Limak sur le continent se fait sur deux modèles, à travers des implantations directes, comme au Mozambique, ou par des partenariats stratégiques, comme au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Retenter l’aventure africaine

Au cours de la décennie 2000, le groupe avait déjà tenté des opérations dans la cimenterie au Bénin, au Nigeria et au Niger. Expériences qui s’étaient soldées par des échecs cuisants. Limak, qui estime avoir perdu beaucoup d’argent dans ces fiascos, devenait réticent à retourner en Afrique subsaharienne.

En 2013, l’homme d’affaires ivoiro-togolais Jean-Claude Ayanou Edoh est parvenu à convaincre Nihat Ozdemir, le président de Limak, de retenter l’aventure africaine. L’année suivante, une joint-venture est créée avec l’entreprise ivoirienne Afrikbat, dirigée par Edoh, pour fonder Limak Afrika, détenue à 65 % par les Turcs.

Mais Limak ne souhaite pas rester confiné dans la cimenterie. Le groupe envisage en effet d’ouvrir toutes ses activités au continent, fort d’un portefeuille de 10 milliards de dollars de projets dans le monde.

Volonté de diversification

Les Turcs lorgnent d’autres marchés, à l’image de celui décroché au Sénégal, où il a obtenu le contrat d’achèvement de l’aéroport international de Dakar avec son compatriote turc Summa. Un contrat qui, par le biais de la société commune fondée avec l’État et Summa, Limak exploitera pendant 25 ans l’aéroport international Blaise Diagne.

Limak, qui gère également à travers le monde douze centrales électriques (pour une capacité totale de 3 150 mégawatts) fonctionnant au solaire, à l’hydraulique et au charbon, a d’ailleurs transmis aux autorités ivoiriennes une proposition de construction d’une centrale thermique d’électricité au charbon. Actif également dans le tourisme et les services, avec des hôtels d’une capacité d’hébergements de 6 000 lits, Limak espère aujourd’hui dupliquer son modèle sur le continent.

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