Économie

Sucre roux : « Les stocks mondiaux sont appelés à diminuer »

Cyril Moine, trader chez Sucres et Denrées, revient pour « Jeune Afrique » sur les récentes performances et les perspectives du sucre roux sur les marchés internationaux.

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Mis à jour le 15 juillet 2014 à 11:51

Cyril Moine est trader chez Sucres et Denrées. DR

En 2013-2014, le marché mondial du sucre roux vit sa quatrième – et peut-être dernière – année de surplus. Un tel contexte excédentaire ne s’était pas présenté depuis la fin des années 1990 : les cours à New York avaient alors plongé sous les 4 cents la livre. Ils oscillent ces derniers mois entre 16 et 20 cents, confirmant les incertitudes pour la prochaine campagne, nourries par les conditions météorologiques, notamment au Brésil. Le principal producteur mondial de sucre brut a subi en début d’année une sécheresse qui devrait comprimer ses volumes et limiter les excédents, lesquels devraient atteindre 80 millions de tonnes, soit 45 % des besoins du marché.

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Stocks mondiaux

En augmentant de 2 % à 3 % par an, la consommation contribue à réduire les stocks mondiaux, qui pourraient également subir un effet El Niño à mesure que le phénomène météorologique touchera les principales zones de production indiennes, à l’automne. Le deuxième producteur de la planète dispose cependant de suffisamment de réserves pour garantir l’approvisionnement des marchés internationaux.

Face au Brésil et à l’Inde, qui représenteront 65 % des 180 millions de tonnes produites lors de la prochaine campagne, l’Afrique pèse peu. Premier producteur du continent, l’Afrique du Sud exporte 700 000 tonnes par an, tandis que l’Égypte alimente d’abord son propre marché et que Maurice vend exclusivement à l’Union européenne. Le continent reste déficitaire et doit importer chaque année entre 4 millions et 5 millions de tonnes de sucre. Mais l’Éthiopie, le Soudan et le Mozambique affichent ces dernières années des volumes en forte croissance. »