Politique

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo fixé aujourd’hui sur un éventuel appel de la CPI

Laurent Gbagbo, à l'ouverture de son procès devant la Cour Pénale Internationale, le 28 janvier 2016.

Laurent Gbagbo, à l'ouverture de son procès devant la Cour Pénale Internationale, le 28 janvier 2016. © ICC-CPI

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a jusqu’à minuit, ce lundi 16 septembre, pour faire appel de l’acquittement de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. À un an de la présidentielle, la Côte d’Ivoire est suspendue à cette décision.

Laurent Gbagbo connaîtra-t-il ce lundi l’épilogue d’années d’épreuves judiciaires ? Huit ans après son transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI) et son inculpation pour crimes contre l’humanité, il saura si toutes les poursuites sont abandonnées contre lui. L’ancien président ivoirien pourrait alors faire son grand retour sur la scène politique ivoirienne, à un an de la prochaine présidentielle.

À la suite de son acquittement prononcé en janvier dernier, cette saga doit connaître un nouveau rebondissement. Fatou Bensouda, la procureure, a jusqu’à ce soir, dernier délai, pour annoncer son intention de faire appel de la décision des juges de la chambre de première instance, véritable camouflet pour le parquet.

Si c’est le cas, la Chambre d’appel sera saisie et devra se prononcer sur la conformité de la décision prononcée en première instance avec les standards juridiques appliqués par la juridiction internationale. Elle pourrait alors décider d’ordonner la tenue d’un nouveau procès, de poursuivre le procès interrompu en janvier dernier, ou même de débouter la procureure.

Une chose est certaine : ce nouvel épisode prendra plusieurs mois et devrait hypothéquer la possibilité d’un retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, avant la présidentielle qui doit se tenir en octobre 2020.

Vers un retour triomphal au pays ?

En revanche, si la procureure ne fait pas appel, l’ancien président pourrait rêver de retrouver son pays natal au plus vite, et même songer à une candidature à la magistrature suprême. Alors qu’il n’est pas autorisé à sortir la région bruxelloise, ces restrictions de liberté imposées pour la CPI seraient levées.

Restera pour l’ancien chef de l’État à obtenir de son grand rival, Alassane Ouattara, de pouvoir rentrer . Des négociations ont timidement débuté entre des proches des deux hommes, mais la tâche ne s’annonce pas facile : l’actuel président a toujours estimé qu’un retour de Laurent Gbagbo risquerait de créer des troubles. Il dispose d’une ultime carte dans son jeu. En 2018, Gbagbo a été condamné à 20 ans de prison en Côte d’Ivoire et risque l’incarcération à son arrivée à Abidjan.

Plus encore, c’est un adversaire politique de taille, à même de redistribuer les cartes du jeu politique ivoirien, qu’il laisserait revenir. D’autant que Laurent Gbagbo s’est récemment rapproché de l’ex-allié d’Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié. Après que le président du Front populaire ivoirien et le patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire se sont rencontré en juillet dernier à Bruxelles, les deux grands partis d’opposition ont tenu leur premier meeting commun, samedi 14 septembre, promettant un front anti-Ouattara pour la présidentielle.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte