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Cet article est issu du dossier «Quel avenir pour le G5 Sahel ?»

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Sécurité

Sommet de la Cedeao : « desert to power », des panneaux solaires pour faire reculer les jihadistes

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, vendredi 13 septembre 2019, lors d'une rencontre préparatoire au sommet extraordinaire de la Cédéao sur la sécurité.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, vendredi 13 septembre 2019, lors d'une rencontre préparatoire au sommet extraordinaire de la Cédéao sur la sécurité. © DR / Présidence du Burkina Faso

En amont du sommet extraordinaire de la Cedeao à Ouagadougou, lors duquel les chefs d’Etat vont se pencher sur l’avenir du G5 Sahel, le lancement de l’initiative « desert to power » a été entérinée. L’objectif : fournir d’ici à 2030 de l’électricité solaire à quelque 60 millions de personnes qui en sont aujourd’hui privées.

Ne pas se contenter d’une réponse uniquement sécuritaire face au terrorisme et à l’instabilité qui sévit au Sahel. C’est tout l’enjeu de l’initiative « desert to power » présentée ce vendredi, en amont d’un sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) consacré à la lutte contre le terrorisme dans la sous-région.

Une rencontre cruciale pour l’avenir même du G5 Sahel, alors que le Burkina est confronté à une recrudescence des violences et que la sous-région est confrontée à l’expansion de la menace jihadiste du Sahel vers le Sud et les pays côtiers.

Les chefs d’État des pays du G5 Sahel ont entériné l’initiative portée par la Banque africaine de développement lors d’un mini-sommet, qui s’est tenu à huis clos, vendredi, à la veille des débats sur les questions sécuritaires.

C’est Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement, qui en a détaillé les contours aux dirigeants sahéliens : l’objectif est de fournir d’ici à 2030 de l’électricité solaire à quelque 60 millions de personnes, via la mise en place d’une capacité de production de 1 100 mégawatts.

« Insister sur le lien entre sécurité et développement »

« Le déficit énergétique est un frein au développement de nos États. Cette initiative, qui va desservir les populations des régions reculées en énergie, aura une incidence sur tous les secteurs comme l’agriculture, l’éducation ou encore la santé. C’est pourquoi nous avons insisté sur le lien entre sécurité et développement et donné notre accord de principe pour la poursuite des études et la réalisation des projets », insiste Roch Marc Christian Kaboréle, président burkinabè qui est également le président en exercice du G5 Sahel.

Au moins 20 milliards de dollars devront être mobilisés auprès des bailleurs et partenaires au développement pour le financement de cette initiative qui reposera sur une multitudes de projets privilégiant la fourniture d’électricité hors réseau ou la construction de mini réseaux.

20 milliards de dollars nécessaires

À la tête de l’institution panafricaine depuis 2015, l’ex-ministre nigérian Akinwumi Adesina – qui ambitionne d’être réélu en mai 2020 à la tête de la BAD -, a obtenu le feu vert des leaders du G5 Sahel pour lancer la mobilisation des fonds nécessaires. Pour le moment, la BAD a annoncé mettre sur la table 20 millions de dollars de financements, sur les quelques 140 millions nécessaires aux études préparatoires au lancement de ce programme.

« Desert to power est une initiative transformatrice des économies sahéliennes à laquelle les présidents ont adhéré. L’énergie est à l’économie ce qu’est le sang pour l’organisme humain, sans lequel il n’y a pas de vie. Nous allons travailler ensemble étroitement pour que la lumière soit », a affirmé à la presse un Akinwumi Adesina affichant son optimisme sur le dossier.

L’initiative dépasse la seule Afrique de l’Ouest : elle prévoit la mise en place de près de 10 gigawatts de capacité solaire d’ici à 2030 dans onze pays du continent : Burkina Faso, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Soudan, Djibouti, Sénégal et Tchad. « Elle aura un impact significatif sur les conditions de vie de 250 millions de personnes qui devraient avoir accès à l’électricité », affirment ses concepteurs.

Le G5 Sahel tente de miser sur le développement pour couper l’herbe sous le pied des jihadistes

« Alors que sa force conjointe peine à enrayer les attaques terroristes de plus en plus meurtrières et récurrentes, le G5 Sahel tente de miser sur le développement pour venir en aide aux populations pauvres et couper l’herbe sous le pied des jihadistes qui recrutent parmi la jeunesse désemparée », a pour sa part marteléa rappelé le ministre Burkinabè de l’énergie, Ismael Bachir Ouédraogo.

« Nous devons imaginer la lutte contre l’extrémisme autrement, et l’accès à l’énergie que va offrir « desert to power » aux populations redonne de l’espoir aux jeunes sahéliens », a jugé le ministre burkinabè.

Le programme d’urgence de G5 Sahel, d’un montant de 260 millions d’euros, met ainsi l’accent sur les investissements dans l’hydraulique, la gestion des conflits intercommunautaires et la sécurité intérieure.

Le programme de développement des cinq pays de la région prévoit également la création d’une compagnie aérienne sahélienne – dont les statuts et le contour du capital restent cependant à clarifier – ainsi que la construction d’une ligne ferroviaire.

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