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Zimbabwe : Robert Mugabe sera finalement enterré avec les « héros » de la nation

Le cercueil de l'ancien président, Robert Mugabe, porté par la garde présidentielle, le 13 septembre 2019.

Le cercueil de l'ancien président, Robert Mugabe, porté par la garde présidentielle, le 13 septembre 2019. © AP Photo/Ben Curtis

Nouveau rebondissement dans le bras de fer qui oppose la famille du défunt au gouvernement : les proches de Robert Mugabe ont finalement accepté que l’ex-président du Zimbabwe soit enterré au monument dédié aux « héros » du pays, à Harare.

Depuis plusieurs jours, le lieu de l’inhumation de l’ex-président faisait l’objet de vives tensions entre sa famille et les autorités. Jeudi, un porte-parole des Mugabe, Leo Mugabe, avait ainsi annoncé que son oncle serait enterré dans son village, conformément aux voeux d’une partie de ses proches et des chefs traditionnels. Mais vingt-quatre heures plus tard, il a finalement fait volte-face, et indiqué que Robert Mugabe, mort le 6 septembre à l’âge de 95 ans à Singapour, serait inhumé au « Champ des héros ». Ce que réclamait avec insistance le gouvernement de son successeur, Emmerson Mnangagwa.

« Oui, je confirme », a déclaré vendredi 13 septembre devant la presse Leo Mugabe. « Ils (les chefs traditionnels) se sont prononcés. S’ils ont dit que l’enterrement aura lieu au « Champ des héros », il faut attendre les détails (…) pour savoir si la cérémonie sera privée ou publique », a ajouté le neveu du défunt.

La date de l’enterrement inconnue

La date de l’enterrement, initialement prévu dimanche, reste toutefois encore à déterminer. « Il sera inhumé au Champ des héros », a confirmé un des chefs traditionnels, Matare Mudzinge. « Un endroit y sera choisi par les chefs traditionnels et il aura droit à une sépulture différente (…) car il est celui qui a dirigé la lutte qui a libéré ce pays ».

Depuis la chute de Robert Mugabe, les relations de l’ex-président et de sa famille avec Emmerson Mnangagwa, qu’il a publiquement qualifié de « traître », ont été notoirement mauvaises.

En novembre 2017, l’armée l’avait poussé vers la sortie après sa décision de limoger Emmerson Mnangagwa, alors vice-président, sur l’insistance de son épouse Grace Mugabe. La Première dame de l’époque convoitait alors de plus en plus ouvertement la succession de son nonagénaire de mari.

Polémique

Jusque-là cantonnée aux coulisses, la polémique sur la dernière demeure de Robert Mugabe a éclaté au grand jour jeudi. La famille s’était dite « choquée que le gouvernement du Zimbabwe tente de (les) forcer à accepter un programme de funérailles et d’inhumation (…) contraire à ses volontés ». « La famille aura le dernier mot », avait répondu en retour le président Mnangagwa pour tenter d’apaiser les tensions.

Loin de ce tumulte, l’hommage à l’ancien président a continué vendredi au stade Rufaro, en banlieue d’Harare. Quelques centaines de personnes y étaient réunies dans la matinée pour défiler devant le cercueil ouvert du disparu.

C’est dans ce même stade que Robert Mugabe avait, le 18 avril 1980, pris les rênes de l’ancienne Rhodésie sous domination blanche des mains de son ancien dirigeant blanc, Ian Smith. Des funérailles nationales y sont prévues samedi, en présence de nombreux chefs d’État africains.

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