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Football : imbroglio autour de la succession du sélectionneur de l’équipe de Guinée

Les supporters du Syli national espèrent que ce (mauvais) feuilleton prendra fin rapidement.

Les supporters du Syli national espèrent que ce (mauvais) feuilleton prendra fin rapidement. © Micheal Chea / Pixabay

Alors que l'ancien entraîneur du Syli national, Paul Put, a été limogé après avoir été accusé de racket sur ses joueurs, mi-juillet, son successeur n'a toujours pas été désigné. Aujourd'hui, 17 candidats sont en lice pour reprendre son poste.

Depuis que la Guinée a été sortie manu militari par l’Algérie (0-3) en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), les événements se bousculent au sein de la Fédération guinéenne de football (Feguifoot). Paul Put, le sélectionneur belge du Syli national, engagé 18 mois plus tôt pour un salaire mensuel de 30 000 euros, avait été limogé quelques jours après la défaite, avant d’être accusé par certains membres de la fédération d’avoir racketté des joueurs de la sélection nationale.

Put, qui a formellement nié ces accusations, a été condamné par la commission d’éthique de l’instance à une amende de 100 000 euros, assortie d’une interdiction d’exercer à vie dans le football guinéen.

Une ardoise de 220 000 euros ?

Mais le technicien ne semble pas en avoir terminé avec Antonio Souaré, le président de la Feguifoot. Dans un courrier qui lui aurait été adressé le 30 octobre dernier, mais qui avait fuité le 4 septembre – et dont de nombreux médias ont pu prendre connaissance -, Paul Put aurait appris qu’il devait rembourser à son ex-employeur la somme de 120 000 euros, correspondant à une avance sur les salaires des mois de mars, avril, mai et juin 2018, alors que le Belge était en fonction.

« J’ai du mal à comprendre pourquoi Souaré demande à Put de lui rembourser ses salaires. Ce dernier était déjà sélectionneur, il est donc parfaitement légal qu’un sélectionneur reçoive une avance. C’est d’ailleurs courant, en Afrique, que les entraîneurs perçoivent d’un seul coup plusieurs mois de salaire. C’est même plus prudent, quand on sait que certains pays ont tendance à payer très en retard », explique un agent bien introduit sur le marché africain.

Cinq candidats à la succession, tous français

Et comme la Guinée a apparemment décidé de se donner en spectacle, les secousses se sont propagées à la délicate question de la succession de Paul Put. Antonio Souaré, homme d’affaires aux multiples casquettes, avait demandé à une commission spécialisée de dégager une liste restreinte de cinq noms, après la réception de près de 90 CV.

La Feguifoot, dans son appel à candidatures, avait notamment précisé que les cinq finalistes devraient se rendre à Conakry autour du 10 septembre, à leurs frais. Et quand la fameuse short-list a été publiée, les commentaires acerbes n’ont pas tardé à affluer. Y figuraient les noms de cinq techniciens, tous français.

Didier Six, ex-sélectionneur du Togo et de l’Île Maurice, sans poste depuis 2015 ; Daniel Bréard, actuel entraîneur de Saint-Nazaire (National 3, soit cinquième division), dont l’expérience africaine se limite à une expérience au DC Motema Pembe (RD Congo) ; Pascal Janin, actuellement libre (ex-Stade malien, AS Kaloum Conakry, JS Kairouan) ; Denis Lavagne, qui fut sélectionneur du Cameroun et entraîne actuellement le CS Constantine, ainsi que Noël Tosi, ex-coach de la Mauritanie et du Congo et manager général du WAC Casablanca la saison dernière.

Une liste pas à la hauteur

En consultant cette liste, Antonio Souaré a estimé qu’elle n’était pas à la hauteur du statut de la Guinée, affirment des sources proches du dossier. Et lors de son retour à Conakry, après un séjour à Paris, le dirigeant a intimé l’ordre à la commission de fournir une liste plus prestigieuse.

Si Tosi et Janin n’en font plus partie, Bréard, Six et Lavagne sont toujours potentiellement éligibles. Mais sur cette nouvelle mouture élargie à 17 noms apparaissent l’Italien Claudio Ranieri, passé par les bancs de Chelsea, de l’AS Roma ou de Leicester, de Florent Ibenge, sélectionneur de la RD Congo de 2014 à 2019, du Belge Georges Leekens (ex-Tunisie et Algérie), du Portugais Paulo Duarte (ex-Gabon, Burkina Faso), de l’Ivoirien François Zahoui, actuellement sélectionneur du Niger, mais aussi du Suisse Raoul Savoy, en poste en Centrafrique.

Les différentes auditions doivent commencer dans les prochains jours. Le futur sélectionneur touchera un salaire mensuel de 30 000 euros. Et du côté de Conakry, les supporters du Syli national espèrent que ce (mauvais) feuilleton prendra fin rapidement…

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