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« Marchés tropicaux » change de mains

Après dix-huit mois de prospection, l’hebdomadaire Marchés tropicaux et méditerranéens (MTM) a finalement trouvé preneur. La vente effective par le groupe Moreux interviendra le 1er octobre. Le titre a été racheté par Milutine Radic, 35 ans, directeur de Médiagrame, une société spécialisée dans l’impression et l’édition d’annuaires et de revues professionnelles.
En l’espace d’un an et demi, de nombreux repreneurs potentiels ont été approchés par le groupe Moreux. Et si l’opération a un peu traîné, « c’est parce que le propriétaire était un peu gourmand, explique l’un d’entre eux. Proposé à un prix proche de 2 millions d’euros, Marchés tropicaux a finalement dû être racheté à un prix compris entre 1 million et 1,5 million d’euros. » Mais il ne s’agit là que de suppositions, le montant de la transaction demeurant strictement confidentiel.
Parmi les acheteurs pressentis figurerait notamment le groupe Le Monde. Actionnaire de la maison d’édition Karthala, Jacques Maillot a également été démarché. Son nom a encore été évoqué récemment dans la perspective d’une éventuelle augmentation de capital, mais le fondateur de Nouvelles Frontières est catégorique : « Quitte à être actionnaire, je préfère avoir la majorité ! »
Toujours est-il que MTM a aujourd’hui trouvé preneur. Actuellement en « phase transitoire », son nouveau propriétaire veut rester discret sur ses projets d’avenir. Diffusée à 85 % par voie d’abonnement, cette revue consacrée à l’économie africaine jouit d’une réputation de sérieux et d’une solide trésorerie, grâce à son lectorat traditionnel, qui n’hésite pas à payer entre 550 et 660 euros par an pour 52 livraisons. Ayant fidélisé une large partie de sa clientèle, l’hebdomadaire voit son tirage osciller entre 2 800 exemplaires (pour les numéros normaux) et 6 000 exemplaires (pour les numéros spéciaux).
Reste à savoir comment le changement de direction va faire évoluer ce titre de référence en matière d’économie africaine. Peu connu dans le monde de la presse, Milutine Radic souhaite, dit-on, développer ses activités en direction de l’Afrique. Voudra-t-il préserver l’austérité de la revue, héritée de René Moreux, fondateur de Marchés coloniaux en 1945 ? Ex-professeur d’allemand converti au journalisme, cet homme proche du courant social-chrétien de Marc Sangnier fit de la sobriété une règle professionnelle stricte. C’est sans doute pour cela que Marchés tropicaux offre encore aujourd’hui cette image de vénérable institution.

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