Sécurité

Burkina Faso : au moins 29 morts dans deux attaques dans le Nord

Des soldats burkinabè, lors d'un exercice en février 2019 (illustration). © DR / Forces armées burkinabè

Au moins 29 personnes ont été tuées dimanche dans la province de Sanmatenga, dans le nord du Burkina Faso, dans une double attaque menée contre un convoi de vivres alimentaires et un camion de transport.

Au moins vingt-neuf personnes ont été tuées, dimanche 8 septembre, dans deux attaques dans deux localités de la province du Sanmatenga, dans le nord du Burkina Faso, a annoncé le gouvernement. Des sources sécuritaires avaient auparavant fait état d’un bilan d’au moins 20 morts.

« Ce dimanche 8 septembre, un camion de transport a sauté sur un engin explosif improvisé sur l’axe Barsalogho-Guendbila dans la province du Sanmatenga. Le bilan provisoire fait état de quinze morts et de six blessés qui ont été évacués dans les centres de santé pour une prise en charge appropriée », a affirmé le porte-parole Remis Fulgance Dandjinou dans un communiqué.

Une source sécuritaire avait indiqué que les victimes étaient en majorité des commerçants.

À une cinquantaine de kilomètres de Barsalogho, « une attaque a été perpétrée par des terroristes ce dimanche contre un convoi de vivres sur l’axe Dablo-Kelbo. Cette attaque a entraîné le décès de quatorze civils et des dégâts matériels importants », a ajouté le porte-parole dans un autre communiqué.

« Une dizaine de conducteurs de triporteurs ont été tués » dimanche, selon un élu local de Barsalogho, précisant qu’il s’agit d’un convoi de triporteurs chargés de vivres pour les populations déplacées de Dablo et Kelbo, qui a été visé par des individus armés.

« Des renforts militaires ont été déployés et des opérations de ratissage sont en cours. Ce drame intervient alors que des importants efforts de sécurisation sont en cours dans cette région », assure Dandjinou.

Le Burkina Faso est pris depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à des groupes armés jihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d’autres au groupe État islamique.

Depuis début 2015, les attaques jihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le Nord et l’Est, ont fait plus de 570 morts.

L’armée burkinabè, qui subit de lourdes pertes – l’attaque la plus meurtrière a fait 24 morts en août – semble incapable d’enrayer les attaques, tandis que la menace, d’abord concentrée dans le Nord, touche plusieurs autres régions du pays, dont les régions de l’Est et de l’Ouest.

Ces attaques ont provoqué des exodes de populations, notamment dans le Nord. Des camps de déplacés sont situés près de certains centres urbains.

Bientôt un sommet

« Le gouvernement réitère sa disponibilité à accompagner les organisations et les institutions intervenants dans l’action humanitaire pour la réussite de leurs missions. Le gouvernement mettra tout en œuvre pour que les convois humanitaires dans les zones touchées par les attaques terroristes se fassent sous escorte de sécurité », a promis le porte-parole.

Les attaques avec des engins improvisés (IED) ont débuté en août 2018 et se sont multipliées depuis, coûtant la vie à plus de 80 de personnes.

« Le gouvernement invite les populations et plus particulièrement les transporteurs à se conformer aux consignes de sécurité et s’assurer de la praticabilité des voies par une collaboration avec les forces de défense et de sécurité », a souligné le porte-parole.

De source sécuritaire, les jihadistes ont acquis un savoir-faire en matière d’attaques. Ils peuvent facilement poser leurs engins en l’absence des forces de l’ordre, qui on réduit leurs déplacements, et de renseignements venant des habitants.

Un sommet exceptionnel des chefs d’État sur la sécurité dans la sous-région doit avoir lieu le 14 septembre à Ouagadougou.

 

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