Politique

Bénin : le président Patrice Talon procède à un remaniement dans la continuité

Patrice Talon à son domicile à Cotonou, en 2016.

Patrice Talon à son domicile à Cotonou, en 2016. © Youri Lenquette pour Jeune Afrique

Quatre mois après des élections législatives très contestées, Patrice Talon a procédé, jeudi 5 septembre, à un léger remaniement de son gouvernement. La nouvelle équipe compte 24 ministres, dont cinq femmes.

Pas de grand changement pour le quatrième gouvernement depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon, en avril 2016. La nouvelle équipe est composée de 24 ministres, dont cinq femmes. Il y a six nouveaux venus et trois départs.

Le chef de l’État béninois a choisi de maintenir sa confiance à ceux qui en forment le socle : le ministre d’État, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio-Tchané, le Garde des sceaux, Séverin Quenum, le ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, celui de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, ou de l’Intérieur et de la Sécurité, Sacca Lafia.

Hervé Hêhomey retrouve son poste

Au rayon des arrivées : Véronique Tognifodé remplace Adam Binto Taro au ministère des Affaires sociales et de la microfinance. Sadia Assouma est la nouvelle ministre du Commerce, en remplacement de Serge Ahissou.

Alain Sourou Orounla est nommé au ministère de la Communication et des Postes. Membre du Bloc républicain, l’un des deux partis de la majorité, il fut l’avocat de l’homme d’affaires Sébastien Ajavon, et de l’église « catholique privée » de Banamè. Sa fondatrice, « Parfaite », avait soutenu le chef de l’État lors de la présidentielle de 2016.

Enfin, Hervé Hêhomey, ministre des Infrastructures dans le premier gouvernement de Talon, retrouve son poste. Il avait été limogé en septembre 2017 pour avoir organisé un meeting politique alors que le chef de l’État lui avait demandé de se rendre d’urgence dans un village du Nord, où un pont avait cédé.

Quid du dialogue politique ?

Aucune personnalité de l’opposition n’a bénéficié de ce réaménagement. Deux anciens ministres de Thomas Boni Yayi – Jean-Michel Abimbola et Éléonore Yayi Ladékan – intègrent bien le nouveau gouvernement, mais ils avaient rejoint la mouvance présidentielle depuis plusieurs mois.

Député du Bloc républicain, Abimbola est nommé au ministère du Tourisme et de la Culture. Des domaines qui revenaient jusque-là à Oswald Homeky, désormais simple ministre des Sports. Enfin, membre du dernier gouvernement de Yayi, Eléonore Yayi Ladékan – qui n’a aucun lien de parenté avec Boni Yayi -, devient ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Originaire de Savè (Centre), elle remplace Marie-Odile Attanasso.

Fortement contestées, les élections législatives du 26 avril avaient été le théâtre d’un long bras de fer entre le chef de l’État et son prédécesseur. Placé en résidence surveillée pendant plusieurs semaines, Yayi a finalement quitté le pays le 22 juin. Patrice Talon avait ensuite rencontré certains partis de l’opposition et annoncé l’ouverture d’un dialogue politique, sans que cela n’aboutisse.

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