Transport aérien

En redressement judiciaire, Aigle Azur affirme pouvoir assurer ses vols

Un airbus A330 d'Aigle Azur. © DR

Dernier épisode d’une série de turbulences : Aigle Azur est désormais en redressement judiciaire. Les éventuels repreneurs de la compagnie aérienne, dont la moitié de l’activité repose sur des liaisons entre la France et l’Algérie, doivent se manifester prochainement.

La compagnie aérienne Aigle Azur s’est déclarée lundi en cessation de paiement et a demandé son placement en redressement judiciaire dans l’espoir de trouver des repreneurs, ont annoncé les membres du CE à l’issue d’un comité d’entreprise extraordinaire.

« Aigle Azur se retrouve en cessation de paiement suite à plusieurs années d’errance liées à de nombreuses décisions stratégiques inadaptées et doit se placer sous la protection du tribunal de commerce » d’Evry où une audience est prévue dans l’après-midi, affirment-ils dans un communiqué. « Il est probable que la date limite de dépôt des offres soit fixée autour du 15 septembre 2019 », ajoutent-ils.

«Se mettre sous la protection de la justice est la solution la plus sage. Il y a une forte défiance entre les actionnaires et le climat social est dégradé», indique une source proche du dossier. La compagnie affirme que ce dépôt de bilan n’aura pas d’impact sur les voyageurs et que ses avions continueront à voler. Pourtant, un défaut de trésorerie (à ce jour près de 85 millions d’euros de fonds propres négatifs) impliquera à terme, le retrait de la licence de vol.

L’échec du long-courrier

Ce matin les salariés de l’entreprise, ils sont 1 150 au total, inquiets pour leur avenir, tenait un rassemblement devant le siège de la compagnie à Paray-Vieille-Poste, près d’Orly. La semaine dernière a été très agitée au siège de la société créée en 1946, une bataille féroce opposant ses actionnaires minoritaires, Gérard Houa, via sa société Lu Azur (19 %) et David Neeleman (39%), devant un actionnaire majoritaire, le chinois HNA, qui semble totalement désinvesti du devenir d’Aigle Azur.

Gérard Houa, troisième actionnaire d’Aigle Azur via sa société Lu Azur s’était autoproclamé président de la compagnie aérienne, en promettant d’injecter 15 millions d’euros pour sauver cette dernière. Deux jours plus tard, Gérard Houa et son numéro deux Philippe Bohn, nommé directeur général, étaient démis de leurs fonctions à la demande du tribunal d’Évry. Le président Frantz Yvetin retrouvait alors, son poste, une administratrice judiciaire provisoire était désignée

Alors que le marché algérien représentait encore, en 2017, 60 % de son trafic (27 % de part de marché sur la liaison France-Algérie, soit 1 265 000 passagers), constitué pour beaucoup d’une clientèle « affinitaire » composée de binationaux, la compagnie s’était réorientée l’année dernière vers le long-courrier.Une stratégie qui n’a pas rencontré le succès escompté. Alors qu’Aigle Azur continue d’exploiter des vols vers Moscou et Kiev, l’arrêt des liaisons vers Pékin, en mai dernier, sera suivi fin septembre de l’interruption de celles vers São Paulo.

Bataille judiciaire

L’entreprise n’avait pas les reins suffisamment solides pour supporter le développement de ces lignes, « qui deviennent en général rentables au bout de deux à trois ans », avait affirmé un bon connaisseur du secteur à Jeune Afrique. Rappelons que le feuilleton judiciaire comporte d’autres volets : deux plaintes ont été déposées par Gérard Houa auprès du procureur général du tribunal de Créteil, l’une d’elle vise Frantz Yvelin pour abus de bien social. La seconde a été déposée contre X pour corruption active et passive.

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