Justice

Cameroun : les avocats annoncent une grève contre les entraves à leur profession

Lors de la rentrée solennelle de l'Ordre des avocats, le 6 juin 2019 à Yaoundé. © DR / Ordre des avocats du Cameroun.

Réuni en session ordinaire le 31 août, le barreau du Cameroun a annoncé une grève des avocats du 16 au 20 septembre. Objectif : obtenir des avancées de la part des autorités sur leurs nombreuses revendications.

Le ton monte au sein de l’ordre national des avocats du Cameroun. Après de multiples dénonciations sur les difficultés rencontrées dans l’exercice de leur profession, les avocats passent à l’action. À l’issue d’une session ordinaire du barreau le 31 août dernier à Yaoundé, ils ont décidé, à l’unanimité, d’une opération « tribunal mort » du 16 au 20 septembre sur l’ensemble du territoire.

Les avocats camerounais entendent ainsi dénoncer les manquements de l’appareil judiciaire. Selon Me Christian Daniel Bissou, le président de la commission des droits de l’Homme et des libertés du barreau du Cameroun, il s’agit principalement de « la violation des droits de la défense, notamment au moment des enquêtes préliminaires, à l’instruction et pendant les jugements ».

Longue liste de griefs

Le président de la commission des droits de l’Homme du barreau indique avoir fait un recensement desdites violations. Son constat est amer. « Nous avons des magistrats qui taxent les frais à payer pour les consultations à la tête du client, nous assistons également à des cas de torture pour obtenir des aveux, et les avocats ont de moins en moins accès aux différents centres de détention », énumère Me Bissou.

« Après la mutinerie de la prison de Buea par exemple, le barreau a dépêché une commission pour enquêter sur ce qui s’y était passé. Mais cette commission n’a jamais pu avoir accès à la prison, malgré toutes les accréditations sollicitées. Le procureur général nous a d’ailleurs dit avoir donné l’ordre que personne ne s’y rende, au mépris total de la loi », explique-t-il.

Dans la résolution finale de l’ordre des avocats signée du bâtonnier Charles Tchakoute Patié, les avocats camerounais envisagent de mener d’autres actions si les autorités n’apportent pas de réponse aux différents griefs posés.

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