Politique économique

Mali : le FMI approuve un nouvel accord de 191,9 millions de dollars

Vue de Bamako (Mali) depuis le somment de la colline Lassa. © Sylvain Cherkaoui pour JA

En dépit de conditions sécuritaires difficiles, l'économie malienne a obtenu des résultats raisonnables selon le FMI qui approuve un nouvel accord pour appuyer la création d’emplois, la diversification de l’économie et renforcer la résilience,

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) vient d’approuver un nouvel accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant d’environ 191,9 millions de dollars pour le Mali. L’institution financière approuve un premier décaissement d’environ 27,4 millions de dollars au titre de l’accord.

La facilité élargie de crédit est une aide financière aux pays qui connaissent « des difficultés soutenues de balance des paiements », soutenant des programmes de réformes qui visent à rétablir la viabilité et la stabilité macroéconomique.

Ce nouvel accord entre le FMI et le Mali est destiné à appuyer la stratégie de développement des autorités afin de réaliser une croissance « vigoureuse et inclusive grâce à la création d’emplois, à la diversification de l’économie et au renforcement de la résilience ». Le programme vise le respect des critères de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) relatif au déficit budgétaire global, qui ne doit pas dépasser 3 % du PIB, à compter de 2019.

Assainissement de EDM-SA

« En dépit de conditions difficiles, le Mali a accompli des progrès considérables dans le cadre du précédent programme. À terme, les perspectives économiques restent généralement positives, mais elles sont exposées à des risques considérables, liés à la situation sécuritaire, à des chocs sur les termes de l’échange (prix de l’or, du coton et des carburants) et à des conditions climatiques défavorables », explique, Tao Zhang, directeur général adjoint et président par intérim du conseil d’administration.

Le programme de cet accord triennal est de ramener, dans l’immédiat, les recettes sur leur trajectoire d’avant 2018 en renforçant les administrations de l’impôt et des douanes. Selon les données relatives aux recettes pour le premier semestre de 2019, des progrès considérables ont déjà été accomplis. Dans ce contexte, le FMI annonce qu’il est urgent d’assainir la compagnie d’électricité publique (EDM-SA) afin qu’elle puisse fournir de l’électricité, un ingrédient crucial du développement économique, aux entreprises locales et aux ménages d’une manière efficiente et rentable.

« La stratégie de réforme des autorités pour la compagnie d’électricité publique (EDM-SA) est appréciée, étant donné l’importance stratégique de cette entreprise pour l’économie malienne. Les autorités sont encouragées à chercher à obtenir la participation des banques commerciales à la restructuration financière de la compagnie », explique Tao Zhang, directeur général adjoint et président par intérim du conseil d’administration.

Réforme fiscale

Le nouveau programme entre le Mali et le FMI cherche à élargir l’espace budgétaire pour les investissements productifs et les dépenses sociales prioritaires, pour ensuite encourager le climat des affaires. Dans ce cadre, l’amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption sont prioritaires. Le « développement des capacités » est un autre objectif de ce programme.

À terme, les mesures correctives qui ont permis d’accroître les ressources intérieures doivent être complétées par des réformes de la politique fiscale et de l’administration des recettes, a ajouté Tao Zhang.

En dépit de la situation difficile en matière de sécurité, l’économie malienne a obtenu des résultats raisonnables au cours des dernières années, estime le Fonds : la croissance réelle a avoisiné en moyenne 5 % par an et l’inflation a été bien maîtrisée grâce à l’arrimage du Franc CFA à l’euro.

Pour le FMI, l’économie malienne continuera d’enregistrer la même croissance annuelle portée par l’expansion continue des secteurs très importants de l’or et du coton. Les principaux risques identifiés sont une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire, des chocs sur les termes de l’échange (prix de l’or, du coton et des carburants) et une sécheresse.

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