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Leila Rhiwi

Révoltée par les discriminations et les injustices, cette enseignante marocaine est de tous les combats du mouvement associatif.

L’oisiveté est probablement un mot absent du vocabulaire de cette militante qui se réjouit de voir que la Marocaine va enfin devenir l’égale de l’homme (voir J.A.I. n° 2232). Du moins en principe, mais c’est déjà ça. Libérer ses concitoyennes du statut de mineures dans lequel les confinent les dispositions archaïques de la Moudawana, le code de la famille, est l’objectif premier de Leila Rhiwi. « J’ai toujours été révoltée par les discriminations et les injustices », confie cette femme de 45 ans qui a rejoint en 1986 l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), qu’elle présidera de 1998 à janvier 2003.
À l’époque, elle rentrait de France, où elle avait poursuivi des études de lettres sans avoir été tentée de rester comme tant d’autres. « Il y a tellement de choses importantes à faire au Maroc. J’aime beaucoup ce pays, même s’il y a beaucoup de problèmes. Mes ancrages, mes racines sont ici », explique cette native de Casablanca qui a passé son adolescence à Marrakech, dont elle a gardé un accent chantant et une certaine joie de vivre.
C’est ainsi qu’en 1986, devenue enseignante, elle est nommée dans une localité au nord de Rabat, Sidi Yahia du Gharb. Les deux années qu’elle passera dans ce village isolé lui permettront de mieux appréhender les difficultés que rencontrent les femmes en milieu rural. « Tous les soirs à minuit, mon père me sort de la maison et me demande de ramener de l’argent, lui explique à l’époque une de ces élèves. Alors, vous savez, vos crayons et vos cahiers, c’est un luxe que je ne peux pas me payer. »
Observer passivement les choses ne correspond guère au tempérament de cette battante, aînée d’une famille de six enfants, et dont la mère regrette encore, à plus de 60 ans, de ne pas avoir eu la chance d’apprendre à lire et à écrire.
Quand elle ne gagne pas sa vie (en enseignant les techniques de communication à l’école Mohammedia des ingénieurs de Rabat), Leila baigne dans le milieu associatif au risque d’oublier sa vie personnelle. Outre l’ADFM, elle s’est engagée auprès du Collectif 95 Maghreb Égalité (un réseau d’associations féminines à cheval sur le Maroc, l’Algérie et la Tunisie) dès sa création, en 1992. En 1996, elle fonde avec des amis l’Espace
associatif qui fédère des structures aux causes diverses et dont elle a assuré la présidence pendant cinq ans. En 2000, elle figure parmi les fondateurs du Printemps de l’égalité, un réseau de 26 associations constitué pour promouvoir la réforme du code de la famille. Enfin, l’été dernier, elle participe à l’émergence du Forum marocain des alternatives Sud, qui vient de voir le jour, pour lutter contre les effets délétères de la mondialisation.

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