BTP & Infrastructures

Maroc : le chantier du port de Safi n’en finit plus

Deux Marocains devant le port Tanger Med après son inauguration en 2007. (photo d'illustration)

Deux Marocains devant le port Tanger Med après son inauguration en 2007. (photo d'illustration) © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Le chantier prend du retard et repousse l’ouverture du port de Safi au delà d’octobre 2020. Ce délai alourdit davantage la facture et empêche la centrale thermique de la Safiec de tourner à plein régime.

En déplacement à Safi, en février dernier, Abdelkader Amara se voulait confiant quant à l’aboutissement du chantier du nouveau port de Safi. « Le taux d’avancement des travaux a atteint 98 % », avait alors déclaré le ministre de l’Équipement, maître d’ouvrage de ce chantier inauguré par le roi Mohammed VI en avril 2013. Sauf que ces dernières semaines, son département a dû se rendre à l’évidence : le nouveau port de Safi ne sera opérationnel que fin 2020. Au plus tôt.

Le ministre a même présenté un nouveau décret au Conseil de gouvernement pour prolonger jusqu’à octobre 2020, les compétences de la direction provisoire, chargée de superviser la réalisation de cette infrastructure portuaire.

La facture s’alourdit

Ce report est le deuxième du genre que subit ce chantier, censé être achevé en 2018. Le département de l’Équipement énumère d’ailleurs les difficultés techniques rencontrées suite à l’apparition de fissures dans les blocs du quai à charbon qui avait conduit à l’arrêt des machines pendant des mois avant la réalisation de travaux complémentaires.

Ce nouveau prolongement devrait ainsi alourdir la facture de 500 millions de dirhams (47 millions d’euros) pour l’État. Le marché a été adjugé en 2012 pour 3,72 milliards de dirhams au profit du consortium maroco-turc SGTM-STFM.

La centrale au ralenti

Mais il y a aussi le manque à gagner pour la centrale thermique de Safi. Opérationnelle depuis décembre 2018, celle-ci tourne au ralenti puisqu’elle s’appuie pour son approvisionnement en charbon sur le quai de service provisoire. Une installation insuffisante pour satisfaire les 3,5 millions de tonnes par an d’importations de charbon, nécessaires à une puissance de production de 1 320 mégawatts. Quant à la seconde phase du projet, censée permettre de doubler la capacité de ce quai charbonnier, elle est par conséquent retardée.

Mise en service en 2018, la centrale doit fournir environ 25 % des besoins en électricité du royaume. Elle est exploitée par la Safiec (Safy Energy company) dont les actionnaires sont Nareva Holding (35%), Engie (35%) et Mitsui & Co (30%).

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