Candidats

Présidentielle en Tunisie : cinq choses à savoir sur le candidat Saïd Aïdi

Le ministre de la Santé Saïd Aïdi saluant une des touristes blessés dans l'attentat du Bardo à Tunis le 18 mars (image d'illustration). © Torkhani/AP/SIPA

98 concurrents ont déposé leur candidature auprès de l'Instance électorale en vue du scrutin présidentiel anticipé du 15 septembre. Parmi les 30 dossiers retenus, Jeune Afrique vous présente les principaux prétendants.

Saïd Aïdi, polytechnicien, a été deux fois ministre et s’est engagé dans plusieurs formations politiques, avant de créer son propre parti, Beni Watani. À 57 ans, il est désormais candidat à la magistrature suprême.

• Ingénieur

À sa majorité, Saïd Aïdi quitte la Tunisie pour suivre ses études supérieures en France : classe préparatoire, puis Polytechnique. Dès 1985, il travaille à Marseille dans une société informatique, avant de rejoindre de grands groupes internationaux comme IBM. Il fonde son entreprise de conseil informatique, Atlasys, en 2004.

Il a longtemps multiplié les déplacements professionnels à l’étranger en rayonnant depuis Tunis. Jusqu’à la révolution, il dirigeait la branche Afrique et Moyen-Orient d’une multinationale, dans les domaines des systèmes d’information et de gestion des ressources humaines. Il a également lancé la branche de gestion d’actifs Fidelity Investments en Tunisie.

• Ministre en première ligne

Il a mis de côté sa carrière privée – et une formation d’executive MBA qu’il prévoyait de suivre entre les États-Unis et la Grande-Bretagne – pour accepter de piloter le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi dans un gouvernement de transition, fin janvier 2011, juste après la révolution. Un poste qu’il occupera pendant un peu moins d’un an. Quand il prend ses fonctions, les moyens ont été amoindris et les bureaux d’emploi en partie détruits pendant la révolution, dont le chômage et l’exclusion sociale ont été des terreaux.

Depuis cette expérience, il se consacre à la politique. En 2012, il se lance dans la vie partisane et contribue à créer Joumhouri, fusion de groupes socio-démocrates centristes. Il quitte le mouvement en juillet 2013, suivi par d’autres membres qui rejoignent avec lui, quelques semaines plus tard, Nidaa Tounes. C’est sous l’étiquette de ce parti qu’il devient député, de décembre 2014 à février 2015, date à laquelle il est nommé ministre de la Santé du gouvernement de Habib Essid.

En 2015, il dénonce le risque que la formation fondée par le président Béji Caïd Essebsi ne devienne un parti-État hégémonique

Là, il gère notamment la prise en charge médicale des survivants des attentats du Bardo et de Sousse, et tente de réformer un secteur en partie sinistré. Son ministère essuie des scandales de stents et anesthésiants périmés, ou encore des accusations de corruption du secteur pharmaceutique.

Il quitte son poste en août 2015, consacrant sa rupture avec Nidaa – dont il était pourtant devenu membre du bureau exécutif. À l’époque, il dénonce le risque que la formation fondée par le président Béji Caïd Essebsi ne devienne un parti-État hégémonique. En mai 2017, Saïd Aïdi finit par créer sa propre formation, Beni Watani, qui revendique 60 % de membres de moins de 40 ans.

• Agressé par les LPR

En décembre 2012, il est victime d’une agression près de la Kasbah, siège de la Primature. L’attaque est attribuée aux Ligues de protection de la révolution (LPR), groupe réputé proche des partis conservateurs au pouvoir, à l’époque très présent dans l’espace public et accusé de nombreuses brutalités. Saïd Aïdi dénonce la Troïka (coalition au pouvoir), qu’il accuse d’encourager les violences politiques relativement fréquentes durant cette période – les LPR sont finalement interdites en mai 2014.

• Formation professionnelle

Membre de l’Association des Tunisiens des grandes écoles (Atuge), l’ex-ministre de l’Emploi s’intéresse de près à la formation professionnelle. Durant sa carrière, il a régulièrement recruté des ingénieurs en Tunisie pour le monde de l’entreprise. Lorsqu’il était ministre de la Formation professionnelle et de l’emploi, il a contribué à lancer le programme Amal (espoir), qui prévoit notamment le versement de 200 dinars par mois (environ 60 euros) à des dizaines de milliers de jeunes s’engageant à suivre des stages ou formations dans des domaines porteurs (agroalimentaire, santé, nouvelles technologies).

Il a également présidé jusqu’en avril 2013 la branche tunisienne de l’organisation internationale EFE (Education For Employment), chargée de créer des modèles de formation en collaboration avec le secteur privé en prenant davantage en compte les attentes des chefs d’entreprise, dans l’optique de faire coïncider offre et demande sur le marché de l’emploi.

• Binational

Né à Tunis de mère française, attaché à sa vie tunisienne mais aussi à ses origines bretonnes, Saïd Aïdi prendrait le risque de renoncer à sa binationalité s’il remporte l’élection présidentielle, afin de se plier à la règle constitutionnelle. Selon les observateurs, il est encore loin des principaux concurrents pour ce scrutin qui s’annonce serré. Son parti s’est toutefois hissé en deux ans parmi les 15 plus importants du pays – qui en compte aujourd’hui plus de 200.

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