Politique

Gambie : Adama Barrow nomme un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

Adama Barrow à Dakar le 21 janvier 2017. © AP/SIPA

Le chef de l'État gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans.

Adama Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon un communiqué de la présidence. Depuis 1997, d’abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d’une main de fer le pays de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l’ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur -il a participé aux JO de 1984- Sheikh Omar Faye a fait carrière dans l’armée jusqu’en 1994, lorsqu’il a quitté la Gambie pour les États-Unis, selon la lettre d’information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d’être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l’appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

« Pas en arrière »

Yahya Jammeh n’avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu’après six semaines d’une crise à rebondissements et sous la pression d’une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d’un ministre de la Défense, estimant toutefois que « le choix de Sheikh Omar Faye est un important pas en arrière » si l’on considère qu’il fut un « soutien clé de la dictature en Gambie ».

Il a par ailleurs qualifié de « catastrophe » la désignation au poste de ministre de l’Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de « recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales ».

Yankuba Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d’un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d’un des leaders de l’opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s’étaient unis autour de la candidature d’Adama Barrow.

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