Politique

Mohammed VI : « Nous aspirons à un modèle de développement authentiquement marocain »

Le roi Mohammed VI le 20 août 2019, à l'occasion du 66e anniversaire de la Révolution du roi et du peuple. © YouTube/Al Aoula TV

Formation, monde rural et classe moyenne étaient au centre du discours prononcé mardi 20 août par le roi Mohammed VI, à l'occasion du 66e anniversaire de la Révolution du roi et du peuple.

Début août, le Palais avait fait savoir, via un communiqué du Ministère de la maison royale, que le roi Mohammed VI, qui fête ses 56 ans ce 21 août, « a donné l’ordre de ne plus organiser, à partir de cette année, la cérémonie officielle de célébration de l’anniversaire du Souverain ». Le chef de l’État n’en a pas moins prononcé un discours la veille, à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du roi et du peuple – commémorant le soulèvement populaire, en 1953, contre l’éviction du trône par les autorités françaises du sultan Mohammed Ben Youssef, futur Mohammed V.

Mardi, l’actuel monarque, petit-fils de ce dernier, a de nouveau insisté sur la nécessité de se doter d’un nouveau modèle de développement. Un sujet qui lui tient à cœur : en octobre 2018, devant le Parlement, il réclamait l’ouverture d’une réflexion « d’envergure nationale », le modèle marocain ne permettant plus, selon lui, « de répondre aux demandes et aux besoins croissants des citoyens ni de réduire les inégalités sociales et les disparités spatiales ».

Mohammed VI a explicité quelques pistes. Il a notamment insisté sur « la centralité de la classe moyenne dans le corps social, [dont] il convient de préserver les fondements et les ressources, en réunissant les conditions favorables à sa consolidation et à son élargissement, en ouvrant des perspectives de promotion à partir de- et vers elle ».

Encourager l’initiative privée

Surtout, Mohammed VI a parlé de « la promotion du monde rural ». Après avoir loué « l’ambitieux Programme national de réduction des disparités en milieu rural, auquel ont été alloués environ cinquante milliards de dirhams [4,7 milliards d’euros] pour la période 2016-2022 », il a estimé qu’il convenait d’encourager « l’initiative privée et l’auto-emploi ».

« L’action publique doit être renforcée par des initiatives et des projets privés, à même d’imprimer un dynamisme nouveau à l’investissement agricole, aux filières professionnelles et aux services connexes, notamment en milieu rural », a-t-il ajouté. En 2018, le roi avait déjà appelé à la création d’une « classe moyenne agricole ».

Nous avons préconisé la mobilisation des terres soulaliyates pour la réalisation de projets d’investissements agricoles

Mohammed VI a aussi mis l’accent sur l’exploitation de « toutes les potentialités du monde rural, avec, en priorité, les terres soulaliyates ». Une allusion à une réforme récente, d’ailleurs saluée la veille par Ivanka Trump, la fille du président américain. Cette dernière s’est réjoui de l’avancée des droits de succession des femmes sur les terres soulaliyates (tribales) du royaume.

La loi 62-17 relative à la tutelle administrative de ces terres, adoptée en juillet dernier, est venue dépoussiérer une loi remontant à 1919. L’article 6 du nouveau texte prévoit que les membres des communautés, hommes comme femmes, jouissent de la propriété collective de l’usufruit (sans préciser pour autant que cette répartition doit se faire sur un pied d’égalité). « Nous avons préconisé la mobilisation des terres soulaliyates pour la réalisation de projets d’investissements agricoles », a déclaré le roi.

La formation professionnelle, une priorité

L’industrie a longtemps été au cœur des déclarations du top management de l’État marocain. Mais le monde rural semble s’être rappelé au bon souvenir de ce dernier. En effet, Mohammed VI a lié ce sujet à celui de la formation professionnelle, autre volet important de ce discours, déjà discuté par le roi en octobre 2018, lors d’une séance de travail « consacrée à la mise à niveau de l’offre de formation professionnelle au Palais royal de Rabat ».

Je ne me lasserai jamais de mettre en avant le rôle de la formation professionnelle, du travail manuel dans l’insertion des jeunes

« Je ne me lasserai jamais de mettre en avant le rôle de la formation professionnelle, du travail manuel dans l’insertion des jeunes. Sont concernés : les métiers de l’artisanat, qui assurent aux praticiens un revenu décent et une vie digne ; les industries agro-alimentaires et les professions agricoles, qui devraient être implantées dans les zones de production, en fonction des ressources de chaque région ; enfin, la formation de compétences nationales dans les secteurs du tourisme, des services et dans les nouveaux métiers du Maroc comme l’industrie automobile, l’aéronautique, les nouvelles technologies », a énuméré mardi le souverain.

Alors que les Forces armées royales (FAR) ont accueilli cette semaine les premiers appelés du service militaire, Mohammed VI a également déclaré que « l’obtention du baccalauréat et l’accès à l’université ne constituent pas un aboutissement en soi. Ce sont des étapes dans le parcours académique. Ce qui importe vraiment, c’est d’acquérir une formation qui ouvre des perspectives d’insertion professionnelle et de stabilité sociale. »

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte