Sport

Côte d’Ivoire : la sélection nationale de basket menace de boycotter le Mondial

Des primes de plusieurs milliers d'euros n'ont pas été versées aux joueurs ivoiriens, qui menacent désormais de boycotter le Mondial (photo d'illustration). © Valentin Flauraud/AP/Sipa

À deux semaines de la Coupe du monde de basket, les joueurs de l'équipe nationale ivoirienne menacent de ne pas embarquer pour la Chine, où se déroulera à partir du 31 août la compétition. En cause : des primes de plusieurs milliers d'euros qui n'ont pas été versées aux joueurs. Le ministre des Sports a assuré que tout devrait bientôt rentrer dans l'ordre.

Les joueurs de l’équipe nationale de basketball sont remontés. Les hommes du sélectionneur italien Davide Povia, actuellement en préparation à Vicenza dans le nord de l’Italie, n’ont pas encore touché les primes de sélection qui leur avaient été promises. Les sportifs menacent de ne pas embarquer le 18 août pour la Chine, où débutera deux semaines plus tard le Mondial de basket masculin.

Tournée américaine avortée

Initialement, les joueurs devaient percevoir des primes additionnelles de 3 500 euros (en complément de leurs indemnités de sélection) grâce à une tournée à Orlando, aux États-Unis, où des matchs de préparation contre des équipes locales étaient programmés.

La Fédération ivoirienne de basketball avait conclu un accord avec Kings Law, une firme américaine dirigée par Jean-François Bro Grégbé, un ancien basketteur ivoirien reconverti dans les affaires. Mais faute de financement pour le trajet retour (à la charge de la fédération), l’équipe nationale a finalement mis le cap sur l’Italie pour s’entraîner.

Des conditions de préparation « exécrables »

« Depuis que nous sommes en sélection, nous n’avons touché aucune prime. Les conditions de préparation sont exécrables pour les professionnels que nous sommes, et nous sommes livrés à nous-mêmes. Par exemple, aucune prise en charge médicale n’est prévue », a confié un joueur à Jeune Afrique. Cette source affirme également que des primes de sélection de 7 000 euros leur avaient été promises, avant d’être finalement réduites à 3 000 euros. Mais aucun document ou accord écrit ne permet de le prouver.

Les joueurs recevaient jusqu’alors des sommes dérisoires de moins de 1 000 euros et nous les avons augmenté à 3 000, fait valoir le ministre des Sports

« Il n’existe aucun accord écrit qui confirme les 7 000 euros. Il n’y a pas de problème de primes, les joueurs recevaient jusqu’alors des sommes dérisoires de moins de 1 000 euros et nous les avons augmenté à 3 000″, fait valoir Paulin Danho, le ministre des Sports, contacté par Jeune Afrique.

Et d’expliquer : « En préparation en Italie, la fédération a programmé, à Malaga en Espagne, des matchs qui n’étaient pas prévus. Nous avons donc dû utiliser l’argent destiné aux primes pour financer ce voyage. L’intendant du Trésor ivoirien qui accompagne l’équipe a dû rentrer en urgence à Abidjan pour chercher des fonds. »

« Toutes les primes seront payées »

Les autorités ivoiriennes prennent la situation au sérieux, et une oreille attentive a ainsi été prêtée à la question des primes. « L’intendant du Trésor revient d’Abidjan mercredi ou jeudi. Dès son retour, toutes les primes seront payées », poursuit le ministre.

En Côte d’Ivoire, des scandales de primes sportives éclatent généralement à l’approche des compétitions internationales. Les fédérations ont, par le passé, déjà été accusées de confisquer les primes des sportifs. Si les émoluments de sélection de 3 000 euros sont effectivement versées aux joueurs, les Éléphants promettent de se rendre en Chine pour participer au Championnat du monde. Ils évolueront alors dans le groupe A, en compagnie de la Pologne, du Venezuela et de la Chine.

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