Politique

Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa met en cause l’agence anticorruption

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa. © Alastair Grant/AP/SIPA

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a accusé samedi 10 août le service d'enquête anticorruption d'atteinte à la vie privée après une fuite d'informations confidentielles en lien avec une campagne interne de son parti en 2017.

« Des informations, dont a priori seule la médiatrice a accès, comme des relevés bancaires appartenant à des tiers, qui contiennent des transactions privées et qui sont strictement confidentielles » ont fuité dans les médias, indique un communiqué de la présidence publié le 10 août.

La médiatrice de la République sud-africaine, Busisiwe Mkhwebane, et Cyril Ramaphosa bataillent depuis plusieurs semaines à propos d’un rapport accablant qui accuse le président de mensonge lors de la campagne pour la présidence de son parti, le Congrès national africain (ANC).

La juriste indépendante, chargée de contrôler notamment les agissements de l’exécutif, estime que l’enquête qu’elle a menée prouve que le président, qui a promis à maintes reprises d’éradiquer la corruption dans son pays, a trompé le Parlement de façon « délibérée », quand il a répondu à une question de l’opposition sur une donation à sa campagne de 500 000 rands (environ 32 000 euros) faite par un groupe industriel.

Ramaphosa promet de rembourser

Cyril Ramaphosa avait alors affirmé que l’argent versé en 2017 était un paiement à son fils Andile pour un travail de consultant pour l’entreprise de services Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics suspects. Il a depuis reconnu qu’il s’agissait d’une donation à sa campagne pour la présidence de son parti, le Congrès national africain (ANC), une bataille intense qui lui a permis de vaincre le candidat choisi par l’ancien président Jacob Zuma.

Cyril Ramaphosa avait plaidé la bonne foi, assurant qu’il ne disposait pas des bonnes informations lorsqu’il avait répondu à la question au parlement. Il a promis de rembourser les fonds de campagne.

La médiatrice a été critiquée pour son implication présumée dans la guerre interne à l’ANC, le parti de Nelson Mandela, profondément divisé entre partisans de l’ex-président Zuma et soutiens de son successeur Ramaphosa. Le communiqué publié samedi insinue d’ailleurs des motivations politiques derrière cette fuite, tout en réaffirmant le respect de « l’éthique et du droit » de la part du président dans ce dossier.

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