Sécurité

En Libye, les belligérants acceptent une trêve pendant l’Aïd

Une colonne de fumée s'élève à Tajoura, au sud de Tripoli (Libye), après une frappe aérienne, le 29 juin 2019. © Mahmud TURKIA/AFP

Les belligérants en Libye ont donné leur accord sur le principe d'une trêve pendant les festivités de l'Aïd al-Adha, donnant l'espoir d'un répit pour le pays, qui a connu le même jour un attentat meurtrier contre un convoi de l'ONU.

Les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, ont annoncé souscrire à la trêve réclamée par l’ONU à l’occasion de l’Aïd al-Adha, que le Gouvernement d’union nationale (GNA) a dit accepter sous conditions.

Homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar a lancé le 4 avril une offensive pour conquérir Tripoli, siège du GNA, reconnu par l’ONU. Après plus de quatre mois d’affrontements meurtriers, les forces du maréchal stagnent aux abords de la capitale, freinées par les forces loyales au GNA.

Le maréchal a décidé « l’arrêt de toutes les opérations militaires dans la banlieue de Tripoli », a déclaré lors d’une conférence de presse à Benghazi le général Ahmed al-Mesmari, porte-parole de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL).

« Quatre conditions »

Le cessez-le-feu « commence samedi, à partir de 15h (13h GMT) et durera jusqu’à lundi à 15h également », a indiqué le général Mesmari, précisant que la réponse de l’ANL à toute violation de la trêve serait « immédiate et sévère ».

Dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi, le GNA a dit « accepter une trêve humanitaire pour les jours de fête d’Al-Adha », célébration religieuse qui commence dimanche et se poursuit jusqu’à mardi en Libye.

Bien que les dates de l’entrée en vigueur de cette trêve divergent, il s’agit d’une avancée. L’émissaire de l’ONU en Libye et chef de la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul), Ghassan Salamé, a appelé plusieurs fois une trêve à l’occasion de l’Aïd al-Adha, jusque-là en vain.

Le GNA a cependant soumis la trêve à « quatre conditions », réclamant qu’elle concerne « toutes les zones de combats, avec cessation des tirs directs et indirects et de tout mouvement de troupes ».

Il exige également « l’interdiction des vols et des survols de reconnaissance dans la totalité de l’espace aérien ainsi que de tout départ d’avion des bases aériennes ». Le GNA a aussi appelé la Manul à « garantir la mise en oeuvre de cette trêve et à relever toute violation ».

Convoi de l’ONU ciblé

Alors que les belligérants annonçaient souscrire à la trêve, une voiture piégée a explosé à Benghazi, fief du maréchal Haftar, tuant deux membres du personnel de la Manul – de nationalité fidjienne et libyenne -, selon un responsable des forces de sécurité locales.

L’explosion a eu lieu « dans le quartier al-Haouari à Benghazi lors du passage d’un convoi du personnel de l’ONU en Libye », a indiqué ce responsable, sous le couvert de l’anonymat.

Aucune revendication n’a pour l’instant été émise pour cet attentat qui a aussi fait 8 blessés, dont un enfant, selon la même source.

Il intervient quelques mois après la réouverture des bureaux de l’ONU à Benghazi, fermés depuis plusieurs années en raison de la détérioration de la situation sécuritaire dans la deuxième ville de la Libye.

L’émissaire de l’ONU, Ghassan Salamé, a condamné fermement l’attaque et précisé dans un communiqué publié sur Twitter que plusieurs membres du personnel de l’ONU figuraient parmi les blessés.

Un attentat « méprisable »

« Cette attaque lâche qui est intervenue alors que les Libyens faisaient leurs courses pour l’Aïd, montre le besoin urgent pour les Libyens d‘arrêter les combats, de mettre leurs différends de côté et de travailler ensemble au dialogue », a-t-il ajouté.

L’Union européenne a qualifié l’attentat de « méprisable » ajoutant que cela constituait « un développement inquiétant de la crise libyenne ».

« Il est essentiel que toutes les parties libyennes se conforment à la trêve négociée par Ghassan Salamé et s’appuient sur cette trêve pour parvenir à un cessez-le-feu durable et à un retour aux négociations politiques », a indiqué dans un communiqué Maja Kocijancic, porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Benghazi a été le berceau de la révolte populaire qui a mené en 2011 à la chute du dictateur Mouammar Khadafi. Depuis, la Libye est plongée dans le chaos, avec une multitude de groupes armés et des forces politiques rivales, à l’image des combats opposant le GNA et les forces pro-Haftar aux abords de Tripoli.

Ces affrontements ont fait 1 093 morts et 5 752 blessés depuis le 4 avril ainsi que plus de 120 000 déplacés, selon un dernier bilan publié vendredi par l’Organisation mondiale de la santé.

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