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Algérie : les dirigeants du groupe Condor pris dans les filets de la lutte anti-corruption

Abderahmane Benhamadi, PDG du groupe industriel Condor, dans le showroom de l'usine, à Bordj Bou Arréridj (Algérie). © Sidali Djenidi pour Jeune Afrique

Abderrahmane Benhamadi, le PDG du groupe Condor, ainsi que deux de ses frères et une dizaine d'autres décideurs algériens, ont été placés en détention provisoire à Alger, pris dans une énième salve d'interpellations depuis le début de la campagne anti-corruption lancée en avril.

Après deux jours d’auditions, trois frères de la famille Benhamadi, dont Abderrahmane, PDG du géant familiale Condor, ont été placés en détention provisoire à la prison d’El Harrach, en fin de semaine dernière par le tribunal d’Alger. Neuf autres personnes, dont le dirigeant de Travocovia (filliale de Condor), des cadres de l’opérateur Mobilis et des cadres administratifs ont été frappés de la même sentence.

Le dossier de Moussa Benhamadi, quatrième membre de la fratrie et ex-ministre de la Poste et des TIC, va pour sa part être transféré à la Cour suprême afin d’évaluer la possibilité de lui retirer son immunité parlementaire.

Il s’agit d’une nouvelle étape dans la purge anti-corruption actuellement menée par les autorités algériennes, orchestrée notamment par le général Ahmed Gaïd Salah. Selon un communiqué du tribunal d’Alger, une enquête préliminaire conduite par la gendarmerie nationale avait abouti à des accusations de corruption et de blanchiment d’argent, ainsi que de financement occulte de partis politiques à l’encontre de ces décideurs algériens. Contacté par Jeune Afrique, le service chargé de la communication du groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Condor, un modèle de réussite algérienne

Les dirigeants de Condor, fabricant d’électroménager et de smartphones considéré comme un modèle de réussite en Algérie, rejoignent ainsi une longue liste d’hommes d’affaires et politiques algériens placés derrières les barreaux depuis le début du mouvement citoyen.

Derrière les murs de la prison d’El Harrach, il rejoindront – sans forcément pouvoir entrer en contact avec eux – les frères Kouninef, l’ex-président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) Ali Haddad, tous les quatre magnats du BTP ; Ahmed Mazouz, PDG du groupe automobile Mazouz, Issad Rebrab, PDG de Cevital, l’industriel des transports Mahieddine Tahkout ; ainsi que les ex-membres du gouvernement Abdelmalek SellalAhmed OuyahiaSaïd Barkat, Youcef Yousfi ou encore Djamel Ould Abbès.

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