Politique économique

Bénin : Bloomfield attribue au pays deux notes encourageantes

L’activité du port de Cotonou participe à 80 % aux recettes de l’État. © Jacques Torregano pour JA

Lancé dans une vague de privatisations et porté par une croissance en hausse, le Bénin reçoit une double notation positive de l'agence Bloomfield, qui relève toutefois que l'économie reste trop peu diversifiée et s'inquiète d'un secteur bancaire fragile.

« Une économie dynamique avec de bonnes perspectives, mais assez vulnérable […]. Une structure économique relativement peu diversifiée, s’appuyant essentiellement sur la filière coton et les échanges commerciaux avec le Nigeria. » L’agence de notation de Bloomfield Investment Corporation, basée à Abidjan, a procédé à la première notation financière du Bénin. Le résultat est bon : elle lui attribue la note d’investissement A- à long terme, avec une perspective stable, en raison d’une « qualité du crédit élevée » permise par de « bons facteurs de protection ».

Concernant l’investissement à court terme, le Bénin obtient la note A2 avec une perspective stable, justifiée notamment par une « bonne certitude de remboursement en temps opportun », « un bon accès au marché des capitaux » et des « facteurs de risques minimes ».

La notation de l’agence s’appuie sur les performances économiques du Bénin qui présente un taux de croissance économique en accélération depuis 2016 (passant de 2,1 % en 2015 à 6,7 % en 2018) avec des perspectives relativement stables selon le FMI et la BAD.

« Un bilan 2019 globalement positif »

À travers le programme « Bénin révélé » engagé au début du quinquennat de Patrice Talon (2016-2021), qui a notamment porté le développement du port de Cotonou, l’instauration d’un cadre réglementaire sur les partenariats publics-privés et des mesures fiscales incitatives pour les investisseurs, le gouvernement présente « un bilan globalement positif en 2019 dans plusieurs domaines (infrastructures, énergie, investissements, finances publiques…) », considère l’agence. Cette dernière souligne aussi que « le déficit budgétaire s’est ainsi nettement réduit entre 2014 et 2018, de 8 % du PIB à 4 % du PIB ».

Les autorités mettent en avant l’impact positif des réformes sur le secteur privé, avec une création d’entreprises en hausse de 66,9 % entre 2015 et 2018. Cependant, des réformes prioritaires restent à concrétiser pour poursuivre le plan, comme celles portant sur le foncier, la loi d’orientation des PME, la gestion des infrastructures routières, la création d’une Caisse des dépôts et consignations, ou encore la création d’une agence de la recherche et de l’innovation.

À propos de la gestion de la dette publique (54 % du PIB en 2019 contre 30 % en 2014 selon le FMI), les analystes pointent « un niveau d’endettement en hausse mais maîtrisé », et saluent un « mécanisme innovant de reprofilage de la dette » qui permet à l’État d’économiser 34,37 milliards de F CFA (56 millions d’euros) sur le service de la dette au cours des cinq prochaines années.

Situation politique tendue

Concernant les principaux facteurs de fragilité relevés, l’agence souligne que la croissance de l’économie béninoise est « relativement peu diversifiée » puisqu’elle s’appuie essentiellement sur l’agriculture, la filière cotonnière et le dynamisme des échanges commerciaux avec son imposant voisin, le Nigeria.

Elle pointe aussi un secteur bancaire « fragile » depuis quelques années, et « une situation politique assez tendue en lien avec le nouveau code électoral ». Adopté en septembre dernier, celui-ci a notamment amené à l’exclusion des partis d’opposition lors des élections législatives d’avril 2019, à l’issue desquelles plusieurs manifestations ont été sévèrement réprimées.

« Des indicateurs sociaux globalement faibles » freinent aussi l’enthousiasme de l’agence. Selon un rapport de la BAD paru en 2018, « avec un taux de pauvreté de 40,1 % en 2015, un chômage persistant, et un indice de développement humain de 0,485, la croissance inclusive reste un défi majeur pour le Bénin ».

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