Politique

Formation du gouvernement en RDC : Sylvestre Ilunga Ilunkamba fixe les règles

Le président Félix Tshisekedi et Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nouveau Premier ministre de la RDC, le 20 mai 2019 à Kinshasa (image d'illustration). © DR / présidence de la République

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a débuté mercredi 7 août les consultations officielles pour former sa future équipe de 65 membres. Si le timing de l'annonce du gouvernement reste incertain, le programme des derniers réglages se précise.

Dix jours après la signature, le 29 juillet à Kinshasa, de l’accord de gouvernement entre les négociateurs du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et du Cap pour le Changement (Cach) de Félix Tshisekedi, c’est une nouvelle étape qui s’ouvre ce mercredi dans la très attendue annonce de la formation du gouvernement.

Sylvestre Ilunga, Premier ministre nommé le 20 mai, a reçu ce mercredi les négociateurs en chef de chaque camp, Jean-Marc Kabund, président par intérim de l’UDPS pour Cach et Néhémie Mwilanya, directeur de cabinet de Joseph Kabila pour le FCC. Chaque camp était accompagné d’une délégation de dix personnes.

Les condamnés recalés

Ces premières consultations ont permis de faire le point sur les discussions à l’intérieur de chaque camp où les négociations autour des candidatures pour chaque portefeuille se poursuivent et fixer le calendrier de la suite des événements. Elle était aussi destinée à fixer les règles de candidature pour les ministrables.

Le Premier ministre a remis à chaque négociateur un « fil conducteur » pour la désignation des candidats. Ainsi, entre autres règles, les personnalités éligibles à un poste de ministre ne devront pas avoir fait l’objet d’une « condamnation judiciaire ferme en RDC ou à l’étranger ». Ce point avait participé aux blocages lors des négociations entre le FCC et le Cach.

Les listes de candidats devront également « doser anciennes et nouvelles figures et génération montante » mais aussi veiller à « l’équilibre géopolitique » et à la « représentativité genre ».

« Le calendrier est un peu contraignant »

La remise des listes de candidats – théoriquement au nombre de trois maximum par ministère – au Premier ministre doit avoir lieu le dimanche 11 août. Entre temps, Sylvestre Ilunga a également prévu de consulter la société civile. Avec 65 postes ministériels (48 ministères et 17 vice-ministres) à attribuer, la finalisation des listes pourrait prendre du temps.

Dans l’état actuelle des choses, l’accord signé le 29 juillet prévoit que 42 reviennent au camp de l’ancien président, majoritaire à l’Assemblée nationale et les 23 autres à celui de son successeur. Le FCC a hérité de 31 des 48 ministères dont celui de la Justice, de la Défense des Finances et des Mines quand le Cach a réussi à sécuriser les portefeuilles clés de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

Si, d’un comme à l’autre ,on se risque encore a avancé des dates pour la publication du gouvernement – lundi 12 août disent certains, « avant le 15 août » assurent d’autres – le timing précis reste inconnu. Le Premier ministre, lui, dit espérer remettre la première mouture au président Tshisekedi le 13 août.

« Le calendrier est un peu contraignant mais nous allons tout faire pour nous y plier car les choses ont trop traîné », reconnaît Jean-Marc Kabund.

Les négociations à l’échelle des partis se poursuivent depuis la signature de l’accord de gouvernement du 29 juillet. « Nous sommes en train de discuter d’une proposition de compromis », explique le chef de file de l’UDPS. Une réunion ce mercredi 7 août doit permettre de régler les derniers détails dans la répartition des portefeuilles.

Bahati Lukwebo s’active en coulisse

Avant d’entamer cette dernière ligne droite, le Premier ministre a reçu Vital Kamerhe, le puissant directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, le 3 août ainsi que Modeste Bahati Lukwebo. Candidat malheureux à la présidence du Sénat, le chef de file de l’AFDC-A a été suspendu du FCC le 9 juillet après avoir fait le choix de maintenir sa candidature face à Alexis Thambwe Mamba.

Avec 44 députés nationaux, 70 députés provinciaux et 13 sénateurs, l’AFDC-A est la deuxième force politique du FCC après le Parti pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de Joseph Kabila. Un poids qui, selon Bahati Lukwebo qui a écrit en ce sens au Premier ministre le 30 juillet, octroie à sa formation un quota de quatre portefeuilles, dont un ministère d’État.

« L’accord tel qu’il a été signé est exclusif et ne laisse aucune marge pour rentrer au gouvernement si l’on appartient pas à l’une des deux formations. Il revient ensuite à chaque champ, voir au président, de trancher pour savoir si il faut intégrer au-delà, mais en tant que coordonateur du Cach je ne peux que souligner que ce n’est pas ce qui est prévu dans l’accord », précise Jean-Marc Kabund.

« L’AFDC s’est définie en dehors de deux forces politiques, de fait elle s’est exclu du future gouvernement », estime un cadre du FCC. Concernant la possibilité de voir un membre de l’opposition intégrer le gouvernement, le discours au sein de Lamuka est tout aussi ferme. « Si on intègre le gouvernement, on ne sera plus de l’opposition », balaie Chérubin Okende, porte-parole de Moïse Katumbi au sein de Lamuka.

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