Santé

Burundi : le pays confronté à une flambée record de paludisme

Une mère et son fils guérissent du paludisme dans un hôpital au Burundi., en 2009 (illustration)

Une mère et son fils guérissent du paludisme dans un hôpital au Burundi., en 2009 (illustration) © CC / Flickr / UNDP / Maria Cierna

Le Burundi est confronté à une flambée de paludisme atteignant des « proportions épidémiques ». Plus 1 800 personnes sont mortes des suites de la maladie depuis le début de l’année, selon l’ONU, soit autant que le nombre de victimes d’Ebola en un an, en RDC voisine.

Dans ce pays qui compte 11,5 millions d’habitants, du 1er janvier au 21 juillet 2019, « un total cumulé de 5 738 661 cas et de 1 801 décès a été signalé », selon un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Les auteurs du rapport évoquent « des proportions épidémiques » de la maladie depuis début mai, mais le gouvernement burundais a refusé jusqu’ici de déclarer l’état d’épidémie de paludisme, malgré des demandes des organisations internationales.

« Au cours de la semaine du 15 au 21 juillet 2019, 152 243 cas, dont 65 décès, ont été signalés dans 39 districts sanitaire sur les 46 districts que comptent le Burundi », a annoncé OCHA, parlant « d’une augmentation de 164% du nombre de cas signalés » en un an.

Faible recours aux mesures préventives

Selon les organisations internationales, cette flambée du paludisme s’explique par un faible recours aux mesures préventives – comme les moustiquaires – et à un « manque de ressources humaines, de ressources logistiques et financières pour une réponse efficace ».

Une source au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a expliqué ne pas être en mesure de commenter ces chiffres, précisant que « la décision de déclarer une épidémie relève de la souveraineté de l’État burundais ».

Mi-mars 2017, le gouvernement avait déclaré une épidémie de paludisme alors que le pays venait de recenser quelque 1,8 million de cas et 700 décès en à peine trois mois. À moins d’un an de la présidentielle, le pouvoir de Pierre Nkurunziza  semble plus réticent à le faire cette année.

Selon l’OMS, quelque 219 millions de cas de paludisme ont été recensés dans le monde en 2017, entraînant 435 000 décès dont 93% sont survenus en Afrique.

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