Politique

Algérie : « Le panel mené par Karim Younès a été choisi par l’État pour exécuter sa feuille de route »

Forces de l'ordre et manifestants devant la Grande Poste à Alger, vendredi 2 août 2019. © Toufik Doudou/AP/SIPA

Alors que le panel de médiation conduit par Karim Younès a annoncé pour mercredi le début de ses consultations avec « les acteurs du hirak », Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), explique pourquoi il a quitté cette instance et dénonce la proximité de cette dernière avec le pouvoir.

Le panel de concertation présidé par Karim Younès a annoncé le début des consultations, renonçant définitivement aux préalables qu’il avait fixés. Une première rencontre avec « certains représentants du hirak » sera ainsi organisée mercredi – alors même que le procureur du tribunal d’Annaba a requis une peine de dix ans de prison à l’encontre d’un manifestant qui avait brandi un drapeau amazigh lors d’une manifestation.

Mais après les mises en garde du chef de l’état-major Ahmed Gaid Salah, qui refuse les conditions d’apaisement – dont la libération des « détenus d’opinion » – , les défections se multiplient parmi les personnalités annoncées pour mener le dialogue.

Le vice-président de la LADDH Saïd Salhi a lui-même décidé de quitter le panel. Choisi mi-juillet parmi les 13 responsables censés mener le dialogue, il avait initialement accepté le principe, avec pour objectif d’assurer une « médiation » entre la rue et le pouvoir… avant de découvrir que « nos conditions et notre indépendance n’ont jamais été acceptées », explique-t-il à Jeune Afrique. Selon lui, « le panel est devenu un outil » qui se limitera à « discuter de questions techniques liées à l’organisation de la présidentielle », considérée par le pouvoir comme la seule option possible.

Jeune Afrique : Comment vous êtes-vous retrouvé à faire partie de l’instance menée par Karim Younès ?

Saïd Salhi : Je fais partie de la société civile, et nous nous sommes organisés en comités après les événements du 22 février, dans l’objectif de traduire en actions politiques les revendications de la rue et de faire émerger un large consensus avant d’entamer tout dialogue. C’est dans ce sens que nous avons organisé de nombreuses consultations, jusqu’au 15 juin et l’organisation de la conférence nationale de la société civile. Cette réunion a suscité beaucoup d’espoir et fait bouger les lignes au niveau des partis politiques, qui se sont réunis dix jours plus tard, avant d’être imité par les « forces du changement » le 6 juillet. Trois feuilles de route ont alors émergé.

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