Politique

Soudan : un accord ouvre la voie à un transfert du pouvoir aux civils

Des manifestants sur un char de l'armée soudanaise, jeudi 11 avril 2019 à Khartoum.

Des manifestants sur un char de l'armée soudanaise, jeudi 11 avril 2019 à Khartoum. © AP/SIPA

Les leaders de la contestation et le Conseil militaire au pouvoir ont atteint un accord sur une déclaration constitutionnelle qui ouvre la voie à un transfert du pouvoir aux civils, selon le médiateur de l'Union africaine.

« Les deux délégations sont tombées pleinement d’accord sur la déclaration constitutionnelle », a déclaré le médiateur mauritanien de l’Union africaine, Mohamed El Hacen Lebatt. à la presse samedi à l’aube.

Peu après cette annonce, une foule s’est rassemblée à l’extérieur de la salle de négociation à Khartoum en brandissant des drapeaux soudanais aux cris de « civils, civils ». Des femmes lançaient des youyous et un concert de klaxons retentissait dans les rues de la capitale.

L’accord, qui sera signé au cours d’une cérémonie, est intervenu après deux jours de pourparlers à Khartoum sur la transition politique au Soudan entre l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, et le Conseil militaire mis en place après la chute du président Omar el-Béchir le 11 avril.

Négociations difficiles

Au terme de très difficiles négociations, les deux camps s’étaient déjà mis d’accord début juillet sur la création d’un Conseil souverain composé de cinq militaires et six civils chargé de mener la transition pendant un peu plus de trois ans.

Les points encore en suspens portaient sur les pouvoirs de ce Conseil souverain, sur le déploiement des forces de sécurité et l’immunité de généraux impliqués dans la répression de la contestation, notamment la dispersion meurtrière du sit-in devant l’armée le 3 juin à Khartoum.

Questions sensibles

« Nous nous sommes mis d’accord sur des questions sensibles relatives à la sécurité, à l’indépendance de la justice et sur les pouvoirs du gouvernement, de même que sur le Conseil souverain », a déclaré un des leaders de la contestation, Ibrahim al-Amin.

« Les Forces de soutien rapide seront placées sous l’autorité du chef des forces armées », a ajouté un autre responsable protestataire, Monzer Abu al-Mali.

Les pourparlers entre militaires et contestation, initialement prévus mardi, avaient été repoussés après la mort de six personnes dont quatre lycéens à Al-Obeid (centre) lundi lors d’une manifestation contre les pénuries de pain et de carburants.

Neuf paramilitaires arrêtés

Le Conseil militaire a annoncé vendredi l’arrestation de neuf paramilitaires des RSF accusés d’être impliqués dans la mort des lycéens.

« Une enquête a été ouverte sur les événements d’Al-Obeid et sept membres des RSF ont été limogés et remis à la justice civile pour être jugés », a déclaré le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole du Conseil militaire. Jeudi, « deux autres membres des RSF ont été arrêtés, donc ils sont neuf au total ».

Mercredi, le général Jamal Omar, membre du Conseil militaire, avait accusé des paramilitaires des RSF d’avoir « tiré sur les manifestants » à Al-Obeid sans recevoir d’ordres en ce sens, après avoir essuyé des jets de pierres. « Nous avons identifié ceux qui ont tiré à balles réelles et entraîné la mort des six » manifestants, avait-il affirmé.

 

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte