Justice

Bénin : Lionel Zinsou condamné à 5 ans d’inéligibilité et 6 mois de prison avec sursis

Lionel Zinsou, ancien Premier ministre de Thomas Boni Yayi, fut également candidat à la présidentielle face à Patrice Talon en 2016. © Vincent Fournier/JA

Candidat malheureux à la présidentielle de 2016 face à Patrice Talon, Lionel Zinsou a été condamné vendredi 2 août à six mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité pour « faux » et « dépassement de fonds de campagne électorale ». Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel, tandis que l'ancien Premier ministre affirme que « l’arbitraire s’est installé au Bénin ».

Le couperet est tombé ce vendredi matin au tribunal de première instance de Cotonou. L’ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou a été reconnu coupable de « faux » et de « dépassement de fonds de campagne électorale », et condamné pour cela à cinq ans d’inéligibilité et à six mois de prison avec sursis. Il a par ailleurs été condamné à une amende de 50 millions de francs CFA. Ses avocats ont d’ores et déjà indiqué leur intention de faire appel de la décision. Ils ont quinze jours pour le faire.

« Cela fait 55 ans que je pratique le droit, et je n’ai jamais vu ça, a réagi Me Robert Dossou, avocat de Lionel Zinsou, quelques minutes après l’annonce de la condamnation. Il n’y avait aucun élément constitutif de preuve dans ce dossier. Lorsque l’on condamne quelqu’un pour « faux », la moindre des choses est de produire un document supposément « faux ». Or, cela n’a pas été le cas ici », a dénoncé l’avocat, interrogé par Jeune Afrique.

Lionel Zinsou : « Je m’y étais préparé »

« L’objectif est clair, et entre en résonance avec les affaires qui se succèdent ces derniers mois : il s’agit de rendre inéligible tous ceux qui seraient susceptible d’être des concurrents à Patrice Talon », vitupère l’avocat. Me Dossou, qui affirme que « la justice a été instrumentalisée dans ce dossier », a annoncé que « Lionel Zinsou fera appel de cette décision ». Mais, à l’en croire, « sans illusion » quant à l’issue de ce recours.

Lionel Zinsou en septembre 2016. © Vincent Fournier/JA

Ce qui est gênant, ce n’est pas que j’ai été condamné. Ce qui est grave, c’est qu’actuellement des gens ont peur car l’arbitraire s’est installé au Bénin

« Ce jugement ne m’a pas surpris, même si l’on peut évidemment être étonné de sa teneur et de ce qu’il dit de la pratique du droit actuellement, comme l’ont exprimé mes avocats. J’avais, depuis plusieurs mois, l’information selon laquelle il avait été décidé en haut lieu de me rendre inéligible, je m’y étais donc préparé », a déclaré Lionel Zinsou, joint en fin d’après-midi par Jeune Afrique.

L’ancien Premier ministre a confirmé son intention de faire appel, mais se montre moins pessimiste que ses défenseurs. « Certes, il y a des magistrats et des auxiliaires de justice qui sont obligés de faire un certain nombre de choses, mais il y a aussi, au Bénin, des magistrats courageux et indépendants. Ceux-là, on dira plus tard qu’il étaient des justes », a-t-il estimé.

Il a par ailleurs demandé à ses partisans de ne pas « sur-réagir » à sa condamnation. « Ce qui est gênant, ce n’est pas que j’ai été condamné. Cela est presque anecdotique. Ce qui est grave, c’est plutôt qu’actuellement, des gens ont peur car l’arbitraire s’est installé au Bénin », a lâché Lionel Zinsou. Avant de conclure : « Il est, dans le fond, toujours préférable d’être victime d’une injustice que d’en commettre une. »

Douze mois requis

Ni Lionel Zinsou, ni ses avocats, n’étaient présents au tribunal pour entendre la décision. Le tribunal a en grande partie suivi les réquisitions du procureur qui, le 19 juillet dernier, avait réclamé douze mois de prison avec sursis, une amende de 50 millions de francs CFA et une peine d’inéligibilité pour l’ancien Premier ministre de Thomas Boni Yayi.

Lors de la campagne présidentielle de 2016, Lionel Zinsou avait été désigné candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), le parti du président sortant, et enregistré le soutien de deux autres partis, le Parti du renouveau démocratique (PRD) et la Renaissance du Bénin (RB).

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