Sécurité

Mozambique : un accord de paix historique signé entre le gouvernement et le Renamo

Lors d’une rencontre entre le président du Mozambique Filipe Nyusi (D) et le chef de l’opposition Afonso Dhlakama (G), le 7 février 2015, à Maputo.

Lors d’une rencontre entre le président du Mozambique Filipe Nyusi (D) et le chef de l’opposition Afonso Dhlakama (G), le 7 février 2015, à Maputo. © Sergio Costa/AFP

L'accord de paix signé jeudi 1er août entre le président du Mozambique, Filipe Nyusi, et le chef de la Renamo, Ossufo Momade, met fin à un long processus de négociations initié par le leader historique de la Renamo, Alfonso Dhlakama, décédé en mai 2018.

La cérémonie s’est déroulée dans le Parc national de Gorongosa – dans la vallée du Grand Rift -, dans le centre du Mozambique où la Renamo a établi son fief. Alors que des élections générales sont prévues dans le pays le 15 octobre prochain,  cette main tendue du pouvoir intervient 27 ans après la fin de la première guerre civile.

« Nous voulons assurer à notre peuple et au monde que nous ne sommes plus dans l’état d’esprit d’utiliser la violence pour résoudre nos différends », a lancé Ossufo Momade, le chef de la Renamo. « Cet accord ouvre une nouvelle ère dans l’histoire de notre pays dans laquelle aucun Mozambicain ne devrait utiliser des armes pour résoudre les conflits », a déclaré pour sa part le président Filipe Nyusi, avant de rendre hommage à Alfonso Dhlakama, chef historique de la Renamo décédé en mai 2018, pour sa « confiance » envers le gouvernement du Frelimo.

Un million de morts

Peu après l’accession à l’indépendance en 1975 de cette ancienne colonie portugaise, la Résistance nationale du Mozambique (Renamo) a  combattu le gouvernement dirigé par le Front de libération du Mozambique (Frelimo, d’obédience communiste) durant seize années.

Cette guerre civile, qui a fait un million de morts, a pris fin en 1992. La Renamo s’est alors transformée en parti politique après un accord de paix signé à Rome, qui a ouvert la voie à des élections multipartites en 1994.

En dépit du multipartisme, la Renamo  qui est aujourd’hui le principal parti d’opposition du pays, n’a gagné aucune élection. En octobre 2013, elle a déclaré la fin de l’accord de paix, après un raid de l’armée contre son camp dans la brousse à Sathundjira, dans le centre du pays.

Les hostilités ont alors repris entre les forces gouvernementales et les combattants de la Renamo, de 2013 à 2016. Un cessez-le-feu a été déclaré en 2016, suivi de négociations de paix qui se sont poursuivies après la mort de Dhlakama.

L’enjeu du désarmement

Malgré la fin de la guerre civile et sa transformation en parti politique, la Renamo a conservé un bras armé. Mardi, l’ex-rébellion a entamé le désarmement de ses membres armés dans le cadre de l’accord de paix.

À présent, quelques 5 221 combattants de la Renamo doivent remettre leurs armes au gouvernement. Certains des combattants désarmés de la Renamo doivent intégrer l’armée et la police nationale, d’autres seront réinsérés dans la vie civile grâce à une aide financière.

L’accord de jeudi a été signé alors que le régime du président Nyusi combat une insurrection jihadiste dans le nord du pays qui a fait plus de 250 morts depuis octobre 2017. La signature intervient également avant une visite, en septembre prochain, du pape François qui devrait appeler à la réconciliation et à la paix.

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