Justice

Ouganda : l’activiste Stella Nyanzi condamnée pour avoir harcelé le président Museveni

La chercheuse Stella Nyanzi de l'Université Makerere, défendant son innocence devant le tribunal de Buganda Road en Ouganda, le 10 avril 2017, affirmant qu'elle n'était pas coupable. © Stringer/AP/SIPA

L'universitaire et militante ougandaise Stella Nyanzi a été reconnue coupable jeudi par un tribunal ougandais d'avoir harcelé en ligne le chef de l'État, Yoweri Museveni et sa mère défunte, a-t-on appris auprès de son avocat.

« Le tribunal l’a reconnue coupable aujourd’hui (jeudi) d’avoir harcelé sur internet le président Museveni, mais a abandonné l’accusation de propos offensants », a déclaré l’avocat de Stella Nyanzi, Isaac Semakadde. « Nous sommes en désaccord avec le jugement, mais nous attendons que la peine soit prononcée demain (vendredi) et nous la consultons pour déterminer la marche à suivre », a-t-il ajouté.

Stella Nyanzi a déjà passé près de neuf mois en prison et encourt une peine supplémentaire de trois ans, selon son avocat. Mais, à en croire Isacc Semakadde, la militante est prête à « faire face aux conséquences parce qu’elle pense se battre pour une cause juste ».

L’universitaire avait été inculpée et placée en détention en novembre 2018 pour avoir posté sur son compte Facebook des propos jugés « obscènes » à l’encontre du président Yoweri Museveni et de sa mère décédée en 2001. Elle y avait fait référence à l’anniversaire du chef de l’État et regretté dans un langage cru que celui-ci ait vu le jour.

En 2017, l’activiste avait déjà été arrêtée et placée en détention pour avoir notamment comparé le président Museveni, au pouvoir depuis 1986, à une « paire de fesses ». Elle avait aussi multiplié les attaques nominatives contre la ministre de l’Education, qui n’est autre que l’épouse de Museveni, lui reprochant d’avoir renoncé à une promesse de campagne sur la fourniture gratuite de serviettes hygiéniques pour les jeunes filles scolarisées.

Choquer pour faire passer des messages

Chercheuse associée à la prestigieuse université de Makerere à Kampala, Nyanzi est titulaire d’un doctorat sur les sexualités en Afrique. Interrogée par l’AFP courant 2017, elle justifiait le recours à un vocabulaire cru : « Les paroles dites vulgaires sont parfois la meilleure option pour faire passer un message ».

Ses commentaires sur Facebook, où elle est suivie par plus de 200 000 personnes, divisent la société ougandaise, un pays largement conservateur mais dont une partie de la population, notamment au sein de la jeunesse, souhaite le départ du président.

Selon des témoins, Mme Nyanzi a réagi jeudi à sa condamnation en criant « vive l’opposition ». « Je suis très déçue de ne pas avoir été reconnue coupable d’avoir tenu des propos offensants contre Yoweri Museveni. J’avais pour objectif d’embêter Yoweri Museveni. Nous sommes fatigués de sa dictature », a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par un journaliste local présent à l’audience.

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