Politique économique

Guinée : l’Inde va signer des conventions pour 251 millions de dollars avec Conakry

Rond-point de Bambeto à Conakry © Youri Lenquette pour Jeune Afrique

Après le Bénin et la Gambie, le président indien est attendu ce 1er août à Conakry. Durant son séjour de trois jours, une série de conventions seront signées dans divers secteurs pour un montant total de 251 millions de dollars.

Pendant le séjour de 72 heures de Ram Nath Kovind, plusieurs conventions seront signées entre les autorités guinéenne et indienne. « Une ligne de crédit de 22 millions de dollars sera accordée à la Guinée », détaille Fatoumata Baldé, ambassadrice de la Guinée en Inde, jointe par Jeune Afrique. Le montant servira à équiper sept universités et institutions d’enseignement supérieur guinéennes en énergie solaire, de même que deux-cent centres de santé.

170 millions de dollars pour donner de l’eau à Conakry

L’Inde s’intéresse également à l’épineuse question d’adduction d’eau potable dans la capitale guinéenne et pourrait y consacrer 170 millions de dollars. Certains quartiers en manquent depuis plus d’une décennie alors que Conakry est ceinturée par la mer, et la Guinée est qualifiée de « château d’eau d’Afrique occidentale », en ce sens que les principaux cours d’eau comme le Niger y prennent leur source. « Les études sont très avancées », assure la diplomate guinéenne en poste à New Dehli depuis un an. De même, Conakry attend un financement pour la reconstruction des hôpitaux régionaux de Conakry, Kakan, Kindia et Labé. Les coûts du projet sont à l’étude.

59 millions de dollars pour booster l’agriculture

Ce financement, qui sera également annoncé à l’occasion de cette visite, servira « à l’irrigation des plaines agricoles en Guinée. Le principe est obtenu, la balle est dans le camp de la Guinée », précise Fatoumata Baldé.

Cette dernière a été la cheville ouvrière de la négociation de ces différents accords. Le Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana, accompagné d’une trentaine d’hommes d’affaires, avait pris part au 14e conclave d’Exim Bank Inde.

Durant son séjour de dix jours, Kassory Fofana avait été reçu par le chef de l’État indien et en avait profité pour vendre la destination Guinée aux investisseurs de ce pays-continent de plus en plus présent en Afrique.

Mines, énergies renouvelables et médecine traditionnelle

L’Inde a par ailleurs de l’intérêt pour les mines guinéennes. Ashapura a repris début juin la mine de fer de Yomboyéli abandonnée par Forecariah mining, tombée en faillite. Jaguar dynamic mining s’intéresse de son côté à la bauxite de Boké et Gaoual, région de l’ouest du pays devenue la chasse gardée du consortium SMB-Winning.

Un terrain d’entente aurait été trouvé entre les deux groupes, croit savoir le spécialiste des questions minières Akoumba Diallo. Du côté de SMB-Winning on ajoute  qu’« il n’y pas de conflit entre nous, ni passé ni présent. S’il en venait à arriver, l’administration est là pour arbitrer ».

Le gouvernement indien accorde par ailleurs des bourses dans le domaine des énergies renouvelables, souligne la diplomate. « Au moins dix Guinéens ont été formés dans ce secteur depuis que je suis en poste. La Guinée est membre fondateur de l’Alliance solaire internationale avec la France dont le siège est en Inde », rappelle Fatoumata Baldé.

L’Inde se renforce en Afrique de l’Ouest

« Réputée célèbre dans le cadre de la médecine traditionnelle, l’Inde veut s’inspirer de l’expérience guinéenne », explique Fatoumata Baldé. Durant le séjour du président indien, il sera aussi question de promouvoir les échanges d’expériences en médecine traditionnelle entre les deux pays. Sera notamment évoqué la possibilité de donner des cours par vidéo-conférence à travers des partenariats entre universités guinéennes et indiennes. Ce qui devrait déboucher sur l’octroi de bourses d’études à des étudiants guinéens.

Il s’agit de la première visite officielle d’un chef d’État indien en Guinée. L’Inde et la Guinée veulent développer leurs relations bilatérales. Conakry a ouvert une ambassade guinéenne en 2012. Après Alexandre Cécé Loua, nommé en 2012, Fatoumata Baldé a été nommé ambassadrice en août 2018. Le diplomate T. C Baru Pal a été nommé ambassadeur d’Inde à Conakry, il devrait présenter ses lettres de créances aux autorités guinéenne en septembre prochain.

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