Politique

RDC : Intérieur, Mines, Défense… le détail de la répartition des postes dans le futur gouvernement entre Tshisekedi et Kabila

Félix Tshisékedi, Joseph Kabila  et leurs proches, à N'sele, le 21 juillet 2019.

Félix Tshisékedi, Joseph Kabila et leurs proches, à N'sele, le 21 juillet 2019. © DR

Le rapport de force au sein de la future équipe du Premier ministre Sylvestre Ilunga se précise. Sur les 23 portefeuilles qui reviennent à la coalition de Félix Tshisekedi, Cach a réussi à sécuriser certains ministères clés comme l’Intérieur et les Affaires étrangères. Le camp du président a néanmoins du céder plusieurs ministères stratégiques aux partisans de Joseph Kabila, notamment ceux des Finances, des Mines ou encore de la Justice.

Si la date de l’annonce du gouvernement n’est pas encore connue, et que l’on ne connaît pas encore les noms de celles et ceux qui occuperont les différents portefeuilles, une chose est désormais sûre : le rapport de force du sein de la future équipe du Premier ministre Sylvestre Ilunga est en faveur de la coalition de l’ancien président Joseph Kabila. Six mois après l’investiture de Félix Tshisekedi, le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (Cach) ont officialisé le 29 juillet leur accord et solennellement convenu de gouverner ensemble lors d’une conférence de presse.

Selon cet accord, sur les 65 postes ministériels (48 ministères et 17 vice-ministres) à attribuer, 42 reviennent au camp de l’ancien président, majoritaire à l’Assemblée nationale et les 23 autres à celui de son successeur. Le FCC hérite de 31 des 48 ministères.

Diplomate Cach

Source de blocages depuis plusieurs semaines, la répartition des ministères régaliens – sur lesquels Félix Tshisekedi a demandé, dans une interview à RFI, un « droit de regard » – semble également avoir été tranchée. Les négociateurs du Cach, emmenés par Jean-Marc Kabund, ont notamment réussi à arracher celui des Affaires étrangères. « Félix Tshisekedi joue gros, parce qu’on ne peut pas se permettre d’avoir un chef de la diplomatie qui s’est compromis dans l’ancienne administration », confiait mi-juillet un participant aux négociations. « On ne peut pas sanctuariser certains noms et en exclure d’autres », réplique un cadre du FCC.

Cach a également sécurisé le portefeuille de l’Intérieur, une des grandes priorités lors des négociations, mais a finalement cédé celui de la Justice et de la Défense au FCC. Un ministère délégué à la Défense sera occupé par un membre du Cach. Selon plusieurs négociateurs du Cach, il semble que le portefeuille de la Défense n’ait pas été une priorité. « Le commandant en chef des armées reste le président de la République », assure l’un d’entre eux à Jeune Afrique.

Listes de candidats

Dans le secteur économique, le bras de fer a également été intense. Le stratégique ministère Finances est revenu au camp de Joseph Kabila. Ce portefeuille était une autre priorité du camp du président qui a hérité des ministères du Budget et de l’Économie. « Le portefeuille du Budget permet de prévoir les dépenses, mais c’est celui des Finances qui débloque les fonds et autorise les paiements », confirme un des négociateurs de Cach. « Il y a toujours des contreparties dans ce genre de négociations » glisse-il.

Autre poste clé attribué au FCC, celui des Mines, secteur central pour l’économie congolaise dans lequel de nombreux proches de l’ancien président sont impliqués, à l’image du patron de la Gécamines, un temps pressenti pour la primature, Albert Yuma.

Le ministère du Portefeuille – dont l’actuelle détentrice, Wivine Mumba, bloque toujours l’application des ordonnances portant sur la nomination des patrons et des présidents des conseils d’administration d’entreprises publiques, dont la Gécamines et la Société nationale des chemins de fer du Congo -, reste aussi dans le camp de Joseph Kabila.

À partir de cette répartition, chaque camp devra désormais soumettre sa liste de candidats au Premier ministre Sylvestre Ilunga. Mardi 30 juillet, au lendemain de la signature de l’accord, l’UDPS et l’UNC ont réuni leurs équipes pour la première fois depuis le début des négociations afin de commencer à élaborer cette liste. Si certains se montrent optimistes sur la rapidité de ce processus, l’annonce de la composition du gouvernement pourrait cependant encore attendre du temps, tant les candidats sont nombreux.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte