Politique

Algérie : comprendre les différentes propositions de sortie de crise en une infographie

Le Forum national pour le dialogue s’est réuni le 6 juillet à l’École supérieure d’hôtellerie et de restauration, à Aïn Benian, dans la banlieue d’Alger (image d'illustration).

Le Forum national pour le dialogue s’est réuni le 6 juillet à l’École supérieure d’hôtellerie et de restauration, à Aïn Benian, dans la banlieue d’Alger (image d'illustration). © RYAD KRAMDI/AFP

Les initiatives de la société civile et de la classe politique se multiplient pour trouver une issue à la crise engendrée par la démission du président Abdelaziz Bouteflika. Trois principales plateformes de dialogue semblent se détacher, avec leurs points communs et leurs désaccords. Jeune Afrique vous propose une infographie pour y voir plus clair.

Alors que de nombreuses voix se font entendre pour proposer une sortie de crise, trois principales initiatives semblent se détacher pour les structurer : celle lancée par le « Forum civil pour le changement », regroupant un ensemble d’associations et conduite par le militant Abderrahmane Arar ; « l’Initiative politique globale », coordonnée par l’ex-ministre Abdelaziz Rahabi et voulue par les partis et les personnalités réunies sous le nom de « Forces du changement » ; et enfin celle des « Forces de l’Alternative démocratique », rassemblant plusieurs formations politiques d’opposition et la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH).

Mercredi 17 juillet, le « Forum civil pour le changement » – l’une des trois forces à avoir participé à la « Conférence nationale de la société civile » du 15 juin  – a proposé une liste de 13 personnalités pour mener la transition, avec pour objectif « d’aller vers une une élection présidentielle ». Un communiqué diffusé par Karim Younès, pressenti comme possible médiateur, annonce que six membres du Forum ont été reçus jeudi 25 juillet par le président intérimaire Abdelkader Bensalah.

Les participants ont énuméré sept conditions préalables à tout dialogue, dont la libération des « détenus du hirak », « l’allègement du dispositif policier », la « libération du champ médiatique » ou encore « le départ du gouvernement actuel et son remplacement par un gouvernement de consensus, formé de technocrates non partisans ». Bensalah a accueilli favorablement l’initiative, et assure qu’il va mettre rapidement en œuvre les demandes du Forum. Un premier pas vers une possible concrétisation de ce plan de sortie de crise ?

Points d’accord et divergences

Cette proposition n’est pourtant pas la seule. Comme le Forum civil pour le changement, l’Initiative politique globale d’Abdelaziz Rahabi est favorable à la tenue d’une élection présidentielle « mais pas à n’importe quelles conditions », expliquait récemment l’ex-diplomate à Jeune Afrique. Ses partisans exigent également la libération des détenus d’opinion, tout comme la fin de la répression des manifestants et du « musellement » des médias.

La conférence nationale qu’ils ont organisée le 6 juillet dernier, saluée par le pouvoir, n’a cependant pas réussi à établir une feuille de route claire. Si certains membres du Forum civil pour le changement et de l’Initiative globale de Rahabi se sont rencontrés pour discuter de leurs propositions respectives, certaines divergences persistent.

Saïd Sadi a pointé du doigt l’initiative du Forum civil pour le changement, qui serait d’après lui inspirée par l’armée dans l’objectif d’égarer le mouvement de contestation

Dans le même temps, les forces de « l’Alternative démocratique » [notamment le FFS, le RCD, le PT, le MDS et l’Union pour le changement et le progrès] se réunissent depuis fin juin pour « refuser la politique du fait accompli qui consiste à imposer une élection présidentielle ». Les partisans de cette troisième voie prévoient de se réunir de nouveau le 31 août afin d’établir un « pacte politique pour une véritable transition démocratique », qui doit selon eux précéder la tenue de tout scrutin.

Saïd Sadi, ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a ainsi pointé du doigt l’initiative du Forum civil pour le changement, qui serait d’après lui « inspirée par l’armée » dans l’objectif « d’égarer » le mouvement de contestation. Quant au dialogue du 6 juillet, il se cantonne, toujours selon la même source, à l’option d’une présidentielle sans discuter les autres voies possibles.

© Arianna Poletti pour JA

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