CAN 2019

Sénégal : comment les Lions de la Teranga se projettent vers l’avenir après leur déception à la CAN 2019

L'équipe du Sénégal avant la demi-finale de la CAN 2019 face à la Tunisie, le 30 juin au Caire., © Hassan Ammar/AP/SIPA

Finaliste malheureux de la Coupe d’Afrique des nations 2019 face à l’Algérie (0-1), le Sénégal digère doucement sa déception. En se projetant vers l’avenir, qui se fera avec Aliou Cissé.

Le Sénégal restera pour au moins encore deux ans le seul grand pays d’Afrique à présenter un palmarès vierge de tout titre majeur, hormis quelques babioles comme la Coupe Amilcar Cabral, abolie en 2007. Dix-sept ans après la défaite face au Cameroun lors de la CAN 2002 organisée au Mali, les Lions de la Teranga ont échoué au Caire contre l’Algérie, ce qui n’a pas empêché leurs supporters de leur réserver un magnifique accueil lors du retour à Dakar.

« Cela prouve que nous continuons à progresser et à avancer. Bien sûr, c’est une déception pour tout le monde, mais on ne va pas se décourager, au contraire », insiste Augustin Senghor, le président de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF).

Aliou Cissé a vu son salaire revalorisé

Les Lions de la Teranga passeront vite à autre chose, avec des matches amicaux en septembre et octobre, puis le début des qualifications pour la CAN 2021 en novembre, dans un groupe – Congo, Eswatini, Guinée-Bissau – largement accessible, et de la Coupe du monde 2022. Et sans surprise, l’avenir s’écrira avec Aliou Cissé, qui a prolongé son contrat jusqu’en 2022 et vu son salaire revalorisé, puisqu’il touche 23 000 € par mois.

« Il n’y a aucune raison de ne pas continuer avec lui. Depuis sa nomination en février 2015, nous avons participé à deux CAN et à la Coupe du monde 2018. Notre objectif est bien sûr de remporter un jour la CAN, mais aussi d’assurer notre présence en phase finale de chaque compétition de manière régulière. Nous avons misé sur la stabilité », poursuit Senghor. Cissé, qui est le sélectionneur africain en poste depuis le plus longtemps, va repartir pour un tour, avec, sur sa feuille de route, l’obligation de faire au moins aussi bien que depuis plus de quatre ans.

Senghor n’a pas envisagé une seule seconde de changer son staff technique, puisque la FSF travaille sur un projet durable. « Avec lui, on sait où on va. Les joueurs le connaissent. Prenez l’exemple de l’Allemagne : Joachim Low a été nommé en 2006, il est devenu champion du monde huit ans plus tard, et il n’a pas été limogé l’année dernière, après l’élimination de son équipe au premier tour de la Coupe du Monde », argumente Senghor. Aucun des vingt-trois joueurs présents en Égypte n’est âgé de plus de 29 ans (Gueye, Kouyaté, Ciss, Gassama), et l’effectif actuel, dans sa grande majorité, sera des prochaines campagnes.

Je ne suis pas toujours convaincu par le jeu produit, souligne Ferdinand Coly

« Nous continuons également d’améliorer tout ce qui concerne la sélection et son fonctionnement. Par exemple, les stages avant la CAN ont été très bien organisés. Je ne dis pas que tout est parfait, sinon, nous aurions gagné la compétition. Mais disons que nous continuons à nous améliorer. On s’inspire de ce qui se fait de mieux », poursuit le dirigeant.

Aliou Cissé, ici lors du Mondial 2018 en Russie, est le sélectionneur africain avec le plus d'ancienneté (4 ans). © Efrem Lukatsky/AP/Sipa

Vers un renouveau ?

Pourtant, au sein de la Tanière, mais aussi en dehors, certains s’interrogent sur le cas Cissé, forcément fatigué par ces quatre ans et cinq mois passés à la tête de la sélection d’un pays où tout le monde est un peu sélectionneur. « Est-ce qu’il n’est pas trop usé ? Ici, les années comptent double quand tu es coach des Lions. Va-t-il pouvoir renouveler son discours ? Plus de quatre ans, cela représente un cycle. Cissé ne s’est pas beaucoup reposé ces derniers temps, et il a quand dû subir des critiques assez virulentes », analyse un proche de la sélection. Si Augustin Senghor n’a aucun doute sur la capacité du technicien à mener à bien sa mission, cet avis n’est donc pas partagé par tout le monde. Ferdinand Coly, l’ancien défenseur des Lions et ex-coéquipier de Cissé en sélection, se pose aussi quelques questions.

S’il admet bien volontiers que les résultats s’améliorent, Coly estime que repartir avec le même sélectionneur peut comporter un part de risques. « On peut supposer qu’il est fatigué. Certains diront aussi que l’équipe a peut-être besoin d’un nouveau discours, d’une nouvelle méthode. Personnellement, et je ne suis pas le seul à le penser, je ne suis pas toujours convaincu par le jeu produit, même si on gagne souvent. C’est parfois tiré par les cheveux, alors que nous avons des joueurs de très haut niveau dans l’effectif. Est-ce qu’Aliou saura donner une nouvelle impulsion à son équipe, la faire jouer autrement ? On le saura assez vite, mais une équipe, même si elle a des résultats, peut avoir besoin d’une forme de renouveau », développe l’ex-joueur du RC Lens.

En interne, selon nos informations, les joueurs se disent globalement satisfaits de leurs relations avec Cissé et son staff technique, une situation renforçant le choix de la FSF. Même si certains ne verraient pas d’un mauvais œil une évolution vers un jeu plus léché, avec plus de fluidité et de technicité. Seront-ils entendu ? Les prochaines échéances internationales livreront la réponse.

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