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Mines en Tanzanie : Barrick Gold enfin maître d’Acacia Mining

Mark Bristow le 2 janvier 2019 à New York. © © Richard Drew/AP/SIPA

Une offre plus élevée a permis à Barrick Gold de convaincre les actionnaires minoritaires d'Acacia Mining de lui céder 36% du capital qu'il convoitait. Retour sur l'épilogue d'un feuilleton qui a duré plus de deux mois.

C’est la fin d’un bras de fer qui aura duré plus de deux mois, et mis en haleine les miniers de la filière aurifère en Afrique de l’Est. Le conseil d’administration d’Acacia Mining, propriétaire des mines d’or de North Mara, Bulyanhulu et Buzwagi, en Tanzanie, s’est enfin résolu le 19 juillet à approuver l’offre de son actionnaire majoritaire, le géant canadien Barrick Gold, de lui racheter les 36% de son capital qu’il ne détenait pas encore.

Cette reprise complète de la compagnie par Barrick doit mettre fin au conflit politique dans lequel s’étaient enlisés les dirigeants d’Acacia, au point que les autorités de Dar es-Salaam ne voulaient plus discuter avec eux, mais seulement avec les représentants de son actionnaire majoritaire. Interdiction d’exporter le minerai non transformé, inspections à répétition et redressement fiscal faramineux – de 190 milliards de dollars (170 milliards d’euros) au départ -, la communication avait fini par être totalement coupée entre le président John Magufuli, au discours souverainiste, et Peter Geleta, le directeur général d’Acacia.

Une offre revue à la hausse

Pour l’emporter, le Sud-Africain Mark Bristow, CEO de Barrick Gold, aura dû finalement mettre la main au portefeuille. Les trois principaux actionnaires minoritaires d’Acacia – les fonds Odey Asset Management, Fidelity et Legal & General – étaient vent debout contre sa précédente proposition, refusée le 24 juin, qui prévoyait un rachat des actions avec un rabais de 8% par rapport au cours de d’Acacia à Londres. Ils estimaient que Barrick – et Mark Bristow, dépeint comme un habile flibustier – profitaient de la situation politique délicate d’Acacia pour s’emparer de la compagnie, en dépit de bonnes perspectives géologiques et économiques.

Au final, Barrick a donc relevé son offre valorisant par un échange d’action la part d’Acacia à 232 livres sterling (258,5 euros), soit 39 livres sterling de plus que sa précédente proposition. Une fois cette offre officiellement validée par l’ensemble des actionnaires minoritaires, Barrick devra mettre en œuvre un accord qu’il a négocié en mai avec le gouvernement tanzanien, dont quelques éléments ont fuité. Il prévoirait notamment le paiement aux autorités de 300 millions de dollars, mettant fin au conflit fiscal ; ainsi qu’un partage avec Dar es-Salaam de 50% des bénéfices des trois mines tanzaniennes jusqu’à la fin de leur exploitation. Peter Geleta a annoncé qu’il ne rejoindrait pas Barrick une fois l’opération terminée.

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