Justice

Maroc : peine de mort pour les assassins des deux Scandinaves décapitées à Imlil

Les auteurs du double meurtre d'Imlil (Maroc), dans leur vidéo d'allégeance à l'organisation État islamique, avant de passer à l'acte en décembre 2018.

Les auteurs du double meurtre d'Imlil (Maroc), dans leur vidéo d'allégeance à l'organisation État islamique, avant de passer à l'acte en décembre 2018. © DR

Le tribunal antiterroriste de Salé a condamné jeudi à la peine de mort trois hommes pour l’assassinat de deux touristes scandinaves, décapitées en décembre dans les environs de Marrakech, au nom du groupe État islamique (Daesh).

Le premier condamné, Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant de 25 ans, avait avoué avoir organisé l’expédition meurtrière avec deux compagnons, Younes Ouaziyad, un menuisier de 27 ans, et Rachid Afatti, 33 ans, qui avait filmé la scène. Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées alors qu’elles campaient sur un site isolé dans le Haut-Atlas, une région montagneuse du centre du Maroc prisée des randonneurs.

Un groupe de 24 hommes soupçonnés d’être liés à ces meurtres et/ou d’appartenir à une cellule jihadiste était jugé depuis début mai à Salé, près de Rabat. Les 21 autres accusés ont écopé de peines allant de cinq ans de prison à la perpétuité. Parmi eux figure Kevin Zoller-Guervos, un Hispano-Suisse converti à l’islam, condamné à 20 ans de prison pour « constitution de bande terroriste ». Il a toujours clamé son innocence.

Le tribunal a également condamné les trois hommes reconnus coupables d’assassinat, ainsi qu’un de leurs complices, à verser deux millions de dirhams (190 000 euros) de dédommagements aux parents de Maren Ueland. Mais il a refusé la demande de la famille de Louisa Vesterager Jespersen, qui réclamait 10 millions de dirhams de la part de l’État marocain pour sa « responsabilité morale ».

« Nous attendons des peines aussi cruelles que l’a été ce crime », a déclaré Me Khaled El Fataoui, parlant au nom de la famille danoise qui s’est constituée partie civile, à l’inverse des parents de la deuxième victime.

« Monstres sanguinaires »

Le cerveau du groupe, Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant de 25 ans, avait avoué avoir organisé l’expédition meurtrière avec deux compagnons, et diffusé sur les réseaux sociaux des images de la décapitation et d’une déclaration d’allégeance au groupe État islamique – qui n’a jamais revendiqué le double assassinat.

Younes Ouaziyad et Rachid Afatti, qui avait filmé la scène avec son téléphone portable, ont également avoué leur participation au crime. Seul étranger du groupe, Kevin Zoller-Guervos est accusé d’avoir appris aux principaux suspects à utiliser une messagerie cryptée, et de les avoir « entraînés au tir ».

Le plus juste serait de donner à ces bêtes la peine de mort qu’ils méritent, je vous le demande, avait déclaré la mère d’une des deux victimes

L’accusation avait requis la peine de mort pour les trois « monstres sanguinaires », et des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité contre les 21 autres accusés. La mère de Louisa Vesterager Jespersen avait appelé jeudi les juges marocains à condamner à la peine de mort les accusés ayant reconnu le crime.

« Le plus juste serait de donner à ces bêtes la peine de mort qu’ils méritent, je vous le demande », avait déclaré Helle Petersen, dans une lettre lue par son avocat. Des pétitions réclamant l’exécution des assassins des deux touristes ont par ailleurs circulé sur internet, le double meurtre ayant suscité une grande émotion. Des condamnations à la peine de mort sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993, et l’abolition de la sentence capitale fait débat.

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