Sécurité

RDC : « Pour en finir avec l’insécurité dans le Sud-Kivu, il faut une approche régionale »

Lors d'une mission de la Division de désarmement de la Monusco, qui a obtenu du chef rebelle Maï Maï Yakutumba une déclaration l’engageant à ne plus recruter ni utiliser d'enfants dans son groupe armé, en mars 2019 dans le territoire de Fizi, dans le Sud-Kivu. © Photo MONUSCO/Jacob de Lange

Violences des groupes armés, propagation de l’épidémie d’Ebola dans le Nord-Kivu voisin, présence de l’armée rwandaise en territoire congolais… Théo Ngwabidje Kasi, gouverneur de la province du Sud-Kivu, revient sur les principaux dossiers et expose la stratégie qu’il compte mettre en œuvre pour lutter contre les multiples facteurs d’insécurité.

Mettre un terme à l’insécurité. C’est le défi des nouvelles autorités de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Et le chantier est d’envergure. « Loin d’être un problème résiduel, les groupes armés sont une partie intégrante du système économique et politique de la province, et sont les symptômes d’une gouvernance par la violence et la prédation », affirment ainsi les chercheurs Thierry Vircoulon et Jean Battory dans leur rapport Province du Sud-Kivu : un champ de bataille multidimensionnel méconnu, paru en février dernier.

Les groupes armés locaux et étrangers semant terreur et désolation dans la province sont nombreux. Les rebelles rwandais du FDLR (Front démocratique de libération du Rwanda) continuent d’y être actifs, de même que des combattants du Conseil national pour le renouveau et la démocratie (CNRD), un groupe formé par des dissidents du FDLR, installés dans les Hauts-Plateaux de Kalehe. Des suspicions tenaces font également état de la présence dans le Sud-Kivu de soldats rwandais. Des affirmations toujours démenties par tant par Kigali que par Kinshasa.

Des groupes armés burundais, actuellement au nombre de trois, sont également implantés dans la province : les RED Tabara, les FNL (Forces nationales de libération, bras armé du parti Palipehutu-FNL), et le FPB (Forces populaires burundaises, issus d’une scission au sein du Forebu).

Certains de ces groupes armés étrangers n’hésitent pas à affronter directement les Forces armées congolaises aux côtés de groupes Maï Maï locaux. Ce fut notamment le cas dans le territoire de Fizi, où les Maï Maï Yakutumba, opposés à Kinshasa, sont soupçonnés d’avoir noué une alliance avec des rebelles burundais armés pour repousser les FARDC. Les combats qui font rage à Minembwe, dans le territoire de Fizi, ont fait plusieurs dizaines de morts, et provoqué de vastes mouvements de populations. Depuis mai dernier, l’ONU a recensé 140 000 déplacés internes dans les territoires de Fizi et de Mwenga.

Autre motif d’inquiétude, la propagation de l’épidémie d’Ebola, qui a atteint la ville de Goma, et qui pourrait rapidement s’étendre au Sud-Kivu. Depuis la déclaration de l’épidémie, le 1er août 2018 à Butembo, 1 698 personnes sont mortes des suites de la maladie.

Pourtant, lorsqu’il nous reçoit dans son bureau à Bukavu, le gouverneur du Sud-Kivu affiche sa sérénité et assure que « la situation est sous contrôle ». Théo Ngwabidje Kasi, issu des rangs du Front commun pour le Congo (FCC, de Joseph Kabila), a été investi en mai dernier, promettant « un souffle nouveau » lors de sa prise de fonction. Depuis, le jeune gouverneur – il est âgé de 48 ans – assure être à pied d’œuvre.

Jeune Afrique : Combien des groupes armés opèrent actuellement au Sud-Kivu ? Comment expliquer l’intensification des violences dans plusieurs parties de la province, et en particulier dans la région de Minembwe ?

Nous comptons une quinzaine de groupes armés locaux, et une dizaine des groupes armés étrangers. Mais les forces de sécurité congolaises ont le contrôle de l’ensemble des territoires que compte la province.

L’insécurité touche aujourd’hui principalement le Haut Plateau et le Moyen Plateau, Minembwe, ainsi que le territoire d’Uvira et une partie de Mwenga. Ce sont dans ces zones que l’insécurité s’est installée avec le plus d’acuité aujourd’hui.

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