Politique

« Le Sénégal a perdu un homme politique de première classe » : l’hommage à Ousmane Tanor Dieng

Le président Macky Sall lors de la cérémonie d'hommage national à Ousmane Tanor Dieng, le 18 juillet 2019, en présence notamment de son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta. © DR / présidence de la République du Sénégal

Il « fut un homme de bien, un homme généreux, un homme discipliné et courtois ». Macky Sall a rendu mercredi un hommage national au secrétaire général du parti socialiste sénégalais, décédé lundi. Ousmane Tanor Dieng a ensuite été inhumé dans son village natal de Nguéniène.

L’avion s’est posé peu avant 16 heures (heure de Dakar) sur le tarmac du pavillon présidentiel de l’aéroport international Blaise Diagne, mercredi. Un vol spécial, affrété par le président de la République pour rapatrier la dépouille de son allié politique, Ousmane Tanor Dieng, depuis Paris où ce dernier est décédé lundi.

« C’est une bien triste journée, car notre pays vient de perdre l’un de ses plus illustres fils. Un serviteur infatigable de l’État et un homme politique de première classe », a lancé Macky Sall, qui s’est dit « véritablement bouleversé » par la mort de celui qu’il considérait comme « un ami fidèle et loyal et un conseiller avisé ».

La classe politique rassemblée

Outre les ministres et ex-ministres sénégalais, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a également participé à la cérémonie d'homme à Ousmane Tanor Dieng, aux côtés de Macky Sall. © DR / présidence de la République du Sénégal

De nombreuses personnalités politiques de tous bords étaient présentes aux côtés du chef de l’État, notamment le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta. « Ousmane Tanor Dieng fut un homme de bien, un homme généreux, un homme discipliné et courtois », a insisté le président sénégalais.

À sa droite, les présidents des Assemblées nationales sénégalaise, Moustapha Niasse, et gambienne, Mariam Jack Denton, ainsi que de la présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et ancienne Première ministre de Macky Sall, Aminata Touré. Le Chilien Luis Ayala, secrétaire général de l’Internationale socialiste, était également venu pour rendre hommage à celui qui avait succédé à Abdou Diouf à la tête du Parti socialiste sénégalais en 1996.

Le président sortant (au centre) et Ousmane Tanor Dieng, le 27 novembre dernier. © Papa Matar Diop/Présidence Sénégal

Dans les gradins, les compagnons de route d’Ousmane Tanor Dieng étaient venus en masse, tout comme de nombreux élus locaux, des gradés de l’armée, des représentants des ambassade ou encore des ministres sénégalais, les libéraux Sidiki Kaba, ministres des Forces armées, et Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur, ou encore le socialiste Serigne Mbaye Thiam, ministre de l’Eau – ces deux derniers ayant été chargés de ramener la dépouille depuis la France. D’anciens ministres, également, à l’image de l’écologiste Haïdar El Ali.

Des opposants aussi. À l’instar de la socialiste « khalifiste » Soham El Wardini, maire de Dakar. Ou encore d’Oumar Sarr et d’El Hadj Amadou Sall, respectivement coordonnateur et porte-parole du Parti démocratique sénégalais d’Abdoulaye Wade. « C’est un hommage national et nous faisons partie de la Nation, nous nous sentons totalement concernés. En plus de nos relations personnelles avec le disparu, nous sommes ici au nom de l’unité émotionnelle et de l’unité culturelle du Sénégal », a expliqué El Hadj Amadou Sall à Jeune Afrique.

Grand officier de l’Ordre national du Lion

Ousmane Tanor Dieng a été élevé au rang de grand chevalier de l'Ordre national du Lion, à titre posthume. © DR / présidence de la République du Sénégal

Au terme d’un discours d’une quinzaine de minutes, Macky Sall a élevé Ousmane Tanor Dieng au rang de grand officier de l’Ordre national du Lion, à titre posthume. Il a également annoncé que l’une des sphères ministérielles, érigée à Diamniadio à quelques kilomètres de là, porterait le nom du socialiste.

Diplomate de carrière, chef de parti, président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT)… Macky Sall a encensé le parcours « exceptionnel » et les qualités littéraires de l’ancien collaborateur de Léopold Sédar Senghor, appelé par ce dernier en 1978 alors qu’il cherchait « un conseiller diplomatique qui sache écrire. Une gageure, quand on imagine “écrire” pour le président poète», a souligné le chef de l’État.

« Ousmane Tanor Dieng incarnait une forme d’intégrité, d’élégance et de retenue. Les conversations que j’ai pu avoir avec lui étaient toujours empreintes de subtilité, parfois de malice, mais toujours de distinction et d’élégance. Lui, qui a travaillé avec Senghor et était l’un des principaux alliés de Macky Sall, est un véritable homme d’État. Avec lui, c’est une page de l’histoire politique sénégalaise qui se tourne », a salué l’ambassadeur français Christophe Bigot, interrogé par Jeune Afrique.

« Tanor avait une grande idée de la politique et de l’adversité politique », a résumé Macky Sall, avant de faire ses adieux et d’accompagner Ousmane Tanor Dieng vers son village natal, Nguéniène, près de Mbour. « Son royaume d’enfance et sa dernière demeure ».

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