CAN 2019

Finale CAN 2019 : Algérie-Sénégal, à quoi ressemblera le futur vainqueur ? (infographies)

Le Sénégalais Moussa Wague au duel avec l'Algérien Mohamed Belaili lors du match entre les deux équipes en phase de poules de la CAN 2019, le 27 juin 2019 au Caire. © AP Photo/Ariel Schalit

L'Algérie et le Sénégal s'affrontent en finale de la Coupe d'Afrique des nations 2019, vendredi 19 juillet en Égypte. Nous avons analysé les statistiques des finalistes des trois dernières décennies pour cerner à l'avance le profil du futur vainqueur.

C’est une affiche inédite. Jamais l’Algérie et le Sénégal ne s’étaient affrontés en finale d’une Coupe d’Afrique des nations, avant le choc qui attend les deux formations vendredi 19 juillet en soirée au Caire. Surtout, ni les Fennecs, ni les Lions de la Teranga ne comptent parmi les grandes puissances africaines question palmarès. Le Sénégal a disputé une seule finale en 2002, qu’il avait perdu face Cameroun. L’unique titre de l’Algérie remonte lui à 1990, lorsque les joueurs d’Afrique du Nord avaient triomphé à domicile face au Nigeria.

La vitrine à trophées des deux finalistes 2019 est donc bien vide, quand l’on compare avec l’Égypte (7 victoires), le Cameroun (5 victoires), le Ghana (4 victoires) ou le Nigeria (3 victoires). Mais au-delà du palmarès, nous avons observé à la loupe les caractéristiques des finalistes depuis 1990, date du succès de l’Algérie dans la compétition, pour essayer de cerner à l’avance les profils du vainqueur et du perdant qui se présenteront le 19 juillet : classique ou atypique, attendu ou surprenant…

Des premières heureuses

D’abord, il faut savoir que les vainqueurs de la CAN depuis 1990 connaissent des taux de réussite élevés en finale. Seuls la Zambie, la Tunisie et le Nigeria ont perdu une finale avant d’en remporter une dans cette période. Le Sénégal d’Aliou Cissé peut donc espérer ne pas devenir le seul pays depuis 1990 à perdre deux finales avant de remporter le gros lot.

Plus généralement, les huit vainqueurs des 15 dernières CAN présentent généralement un ratio supérieur ou égal à 50% entre le nombre de victoires en finale et celui des défaites depuis 1990. Aucune équipe n’a connu plus de défaites que de victoires lors des finales disputées. L’Egypte détient le record avec quatre finales gagnées pour une seule perdue depuis 29 ans.

 

Autre statistique intéressante, les sélections titrées à plusieurs reprises depuis 1990 sont nombreuses. Quatre équipes sur huit ont remporté plusieurs CAN sur la période : il s’agit du Nigeria, de l’Égypte, du Cameroun et de la Côte d’Ivoire. Ces équipes affichent un nombre moyen d’années assez faible entre leurs titres. Depuis 1990, l’Égypte remporte ainsi en moyenne une CAN tous les 5,2 ans. La Côte d’Ivoire tous les 13,5 ans. L’Algérie serait de ce point de vue assez hors-norme avec un espace de 29 ans entre ses deux succès.

Entre le Sénégal et l’Algérie, ce sont cependant les Lions qui se sont frayés pour la dernière fois un chemin jusqu’à la finale, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. La meilleure performance récente de l’Algérie est une demi-finale en 2010.

La malédiction des Ballon d’or africains

Pour se hisser au sommet du football africain, il faut une équipe avec une grosse expérience internationale. À l’heure du duel entre le Sénégal et l’Algérie, une majorité des joueurs de ces deux équipes évolue dans les cinq championnats européens majeurs : avec 17 Sénégalais qui appartiennent à un club allemand, anglais, espagnol, français ou italien et 13 Algériens dans le même cas de figure. À l’inverse, aucun joueur sénégalais n’évolue sur le continent africain et un seul Algérien est dans ce cas de figure. Il s’agit d’Hichem Boudaoui, qui joue avec le club algérien Paradou AC.

Autre signe de l’expérience des nations qui remportent la CAN depuis trois décennies, ce sont toutes des sélections habituées à disputer la Coupe du monde. Toutes sauf une : la Zambie, qui n’a jamais disputé de Mondial, mais a remporté la CAN en 2012 à la surprise générale.

La relation est en revanche plus ténue entre la présence du Ballon d’or africain de l’année (Meilleur joueur élu par la CAF) dans les rangs de l’équipe d’un finaliste et sa réussite en finale. Depuis 1990, six équipes finalistes sur trente ont aligné le meilleur joueur africain de l’année sur la pelouse au coup d’envoi. Le résultat ressemble à une malédiction, car seule une nation avec le Ballon d’or africain dans ses rangs l’a emporté. Il s’agit du Cameroun de Patrick Mboma en 2000, lors de la finale gagnée par les Lions face au Nigeria.

Le meilleur joueur africain de 2018 n’est lui même pas en finale, puisque l’Égyptien Mohamed Salah, star du tournoi, s’est fait sortir dès les huitièmes de finale avec les Pharaons. Le Sénégal avait lui perdu avec El-Hadji Diouf en 2002. Peut-être que sans Ballon d’or africain dans leurs rangs vendredi 19 juillet, les Lions de la Teranga auront plus de chance.

Le mixte entre la folie créative et la discipline

Sur le plan tactique, à quoi ressemble le portrait robot des finalistes des dernières éditions ? Pour Robert Malm, ancien international togolais et consultant pour BeIn Sports, la chaîne qui retransmet la finale de la CAN 2019, l’Algérie et le Sénégal ont un point en commun : « Aliou Cissé et Djamel Belmadi sont deux coachs qui se ressemblent. On a retrouvé à travers leurs équipes, deux sélections qui allient la rigueur tactique des championnats européens avec des blocs équipes rigoureux et solides, tout en laissant de la folie créative dans leur jeu offensif », commente Robert Malm.

Un profil qui ressemble aux allures des derniers finalistes de la CAN que l’on aperçoit dans le rétroviseur. « Qui étaient les derniers entraîneurs des précédents finalistes, le Cameroun et l’Égypte de 2017 ou la Côte d’Ivoire et le Ghana de 2015 ? Des gars venus des championnats européens, Hervé Renard, Hector Cuper, Hugo Broos, Avram Grant, qui avaient mis en place des équipes avec une discipline, tout en ne niant pas la folie créative de leurs joueurs », poursuit Robert Malm.

Les éditions 2015 et 2017 avaient vu la domination des coachs étrangers, mais les succès d’Aliou Cissé et Djamel Belmadi en Égypte montrent bien que la nationalité du pays est loin d’être un défaut : un sélectionneur doit simplement appliquer la bonne recette tactique et un management qui emporte l’adhésion des siens.

De fait, le Sénégal (un but encaissé) comme l’Algérie (deux buts encaissés) ont affiché une grosse solidité défensive, tout en développant un football offensif, surtout pour les Fennecs qui ont déjà marqué 12 buts dans ce tournoi, dont 11 de l’intérieur de la surface de réparation adverse (voir le graphique ci-dessous). Une statistique qui illustre le fait que les Fennecs aiment développer des décalages sur les ailes pour servir leurs attaquants dans les meilleures conditions grâce à des centres en retraits.

« Pour moi, l’Algérie est l’équipe qui a développé le football le plus abouti dans cette CAN », conclut Robert Malm. Mais comme dit le proverbe : « une finale ne se joue pas, elle se gagne. »

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