Politique

Soudan : les militaires et les chefs de la contestation s’entendent sur le partage du pouvoir

Des manifestants à Khartoum, le 2 mai 2019.

Des manifestants à Khartoum, le 2 mai 2019. © Salih Basheer/AP/SIPA

Les généraux au pouvoir au Soudan et les meneurs du mouvement de contestation ont signé mercredi un accord entérinant le partage du pouvoir pendant la période de transition, après la destitution d'Omar el-Béchir en avril.

La « déclaration politique » a été paraphée par les deux camps après une nuit de discussions intenses. Mais des pourparlers doivent encore avoir lieu dans les prochains jours sur les autres points d’achoppement d’un accord trouvé le 5 juillet entre les deux parties, selon la contestation.

À l’issue de la rencontre dans un hôtel de luxe de Khartoum, le numéro 2 du Conseil militaire au pouvoir, Mohamed Hamdan Daglo dit « Hemetti », aussi commandant des redoutées Forces de soutien rapide (RSF), a salué un moment « historique ».

« Aujourd’hui, nous nous sommes accordés sur la déclaration politique », a déclaré Ibrahim al-Amin, un des meneurs de la contestation. « Pour le document constitutionnel, nous reprendrons les négociations vendredi », a-t-il poursuivi.

Premier pas vers un gouvernement civil

Cet accord constitue un premier pas vers un gouvernement civil, réclamé par les Soudanais depuis près de sept mois. Il prévoit la création d’un « conseil souverain », instance de transition chargée de gérer la transition pendant un peu plus de trois ans.

Ce conseil, qui repose sur le principe du partage des pouvoirs, sera composé de cinq militaires et six civils, dont cinq issus de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation.

Les militaires présideront cette instance pendant les premiers 21 mois de la transition, les civils prendront ensuite la relève pour les 18 mois restants.

Débat sur l’immunité des militaires

Ces derniers jours, les pourparlers entre les deux camps avaient largement buté sur la question de l’immunité des militaires. Selon la protestation, les militaires, qui pourraient faire l’objet de poursuites après les violences survenues pendant les manifestations, réclamaient l’« immunité absolue ».

« Nous refusons l’immunité absolue que les militaires au pouvoir ont demandée », avait déclaré aux journalistes Ismaïl al-Taj, porte-parole de l’Association des professionnels soudanais (SPA), qui fait partie de la contestation, juste avant le début de la rencontre. Ce point devrait être discuté lors des prochaines discussions.

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