Santé

Ebola en RDC : à Goma, le premier patient est décédé

Un agent de santé de l'OMS vaccinant un agent contre Ebola, qui ira ensuite vacciner des personnes susceptibles d'avoir le virus à Mbandaka, au Congo. (Photo d'illustration) © Sam Mednick/AP/SIPA

Le premier cas de fièvre Ebola enregistré à Goma est décédé durant son transfert vers l'agglomération de Butembo. La confirmation de ce premier cas fait craindre une propagation rapide de l'épidémie, malgré les appels au calme.

L’homme atteint de la fièvre hémorragique Ebola, enregistré dimanche à Goma, la grande ville de l’est de la RDC, est décédé lors de son transfert vers l’agglomération de Butembo, a indiqué mardi le gouverneur.

« Malheureusement, je peux vous confirmer la mort du patient en cours de route en allant à Butembo », a déclaré à la presse Carly Nzanzu, le gouverneur de la province du Nord-Kivu.

L’homme était arrivé dimanche matin par bus, avec 18 autres passagers et le chauffeur, en provenance de Butembo, l’un des principaux foyers de la maladie dans la province du Nord-Kivu.

Inquiétudes

La confirmation de ce premier cas de fièvre hémorragique Ebola à Goma préoccupe depuis dimanche les organisations sanitaires. Cela « change potentiellement toute la donne », a mis en garde lundi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous ne pouvons pas être trop prudent », a insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, qui a précisé qu’il allait à nouveau réunir son comité d’urgence pour décider si l’épidémie constituait une « urgence sanitaire mondiale ».

Depuis l’annonce de la confirmation, l’inquiétude est palpable à Goma, une ville d’un million d’habitants qui est une ville-carrefour dans la région des Grands Lacs. « Goma est très peuplée, je crains que la propagation ne soit rapide. Que les autorités fassent tout pour retrouver toutes ces personnes », s’inquiète un moto-taxi.

« Durant son séjour à Butembo, le pasteur a prêché dans sept églises », où il touchait de ses mains régulièrement les fidèles « y compris les malades », a précisé le ministère de la Santé. Il a ensuite pris le vendredi 12 juillet la route pour Goma à bord d’un bus avec 18 autres passagers et le chauffeur. « Le bus est passé par trois points de contrôle sanitaire. Lors des contrôles, il ne semblait pas présenter des signes de la maladie. Par ailleurs, à chaque point de contrôle, il a écrit des noms et prénoms différents sur les listes de voyageurs indiquant probablement sa volonté de cacher son identité et son état de santé », rapporte le ministère de la Santé.

Appels au calme

Les autorités multiplient néanmoins les mesures de prévention et les appels au calme. Les équipes chargées de répondre à l’épidémie ont identifié 60 contacts du pasteur évangélique qui est tombé malade à Goma et ils ont vacciné la moitié d’entre eux, selon l’OMS. L’autre moitié devrait être vaccinée dans les prochaines 24 heures, a souligné Mike Ryan. « Le cas a été non seulement détecté précocement, mais aussi isolé immédiatement évitant toute contamination additionnelle », assure le gouverneur de Goma.

En juin, l’OMS avait jugé que l’épidémie en cours constituait une urgence sanitaire seulement pour la RDC et la région. L’épidémie a fait 1 665 morts et était jusqu’à présent cantonnée dans le nord de la province, dans les zones de Beni-Butembo, depuis qu’elle a été officiellement déclarée le 1er août dernier près de Beni.

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