Justice

Madagascar : levée des saisies des biens de Mamy Ravatomanga en France

Une vue d'Antananarivo, à Madagascar (photo d'illustration). © Wikimedia Commons/Alex Dunkel/Visionholder

La cour d'appel de Paris a levé les saisies sur quatre biens immobiliers détenus en France par Maminiaina Ravatomanga, dit « Mamy », même si la procédure judiciaire se poursuit. Les trois appartements et la maison appartenant à cet homme d'affaires proche d’Andry Rajoelina avaient été saisis dans le cadre d'une enquête pour « trafic de bois de rose, corruption et fraude fiscale ».

C’est une première victoire pour Maminiaina Ravatomanga, surnommé « Mamy », et son épouse dans la procédure judiciaire qui les vise en France. La cour d’appel de Paris a levé le 24 juin dernier la saisie de trois de leurs appartements à Levallois-Perret et une maison à Saint-Maur-des-Fossés, en France, ont confirmé à Jeune Afrique leurs avocats.

« Par quatre arrêts en date du 24 juin 2019, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a infirmé les ordonnances autorisant les saisies pénales immobilières prises le 15 juin 2018 par le juge des libertés et de la détention concernant des biens appartenant à des SCI, propriétés de Monsieur Maminiaina Ravatomanga et de son épouse, Madame Ramy Rakotoniary, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) », ont annoncé dans un communiqué Me Hector Bernardini et Me Vololonstoanarivo Fock.

Communiqué du 8 juillet 2019 des avocats de Maminiaina Ravatomanga. by Jeune Afrique on Scribd

Procédure en cours

En 2015, le PNF avait ouvert une enquête sur des accusations de « trafic de bois de rose, de corruption et de fraude fiscale ». En décembre 2017, des enquêteurs français étaient venus à Madagascar pour entendre Mamy Ravatomanga et sa femme, en coordination avec les enquêteurs du Bureau indépendant malgache anti-corruption (Bianco). « Après leurs auditions et trois ans d’enquête, rien ne permettait d’étayer les accusations de trafic de bois de rose et de corruption », affirme Me Bernardini à Jeune Afrique. Il demeurait néanmoins des soupçons de « blanchiment de fraude fiscale ». Le PNF avait alors autorisé les saisies.

Aujourd’hui, la procédure se poursuit, toujours dans une enquête préliminaire dans laquelle le couple est présumé innocent. Le parquet peut choisir de renvoyer en correctionnelle, ouvrir une instruction ou abandonner les poursuites.

« La structuration fiscale de M. Ravatomanga est transfrontalière et complexe mais légitime, souligne Me Bernardini. Aucun indice ne permet de dire qu’il y a eu une infraction. Je vois le dossier comme impulsé par des opposants politiques, tiré d’accusations dans la presse, gonflé par les Panama Papers où M. Ravatomanga est cité. »

Homme d’affaires influent

Sur la Grande Île, Mamy Ravatomanga est un homme d’affaires puissant et souvent décrit comme un acteur incontournable pour les investisseurs. Il est à la tête du groupe Sodiat, qui comprend des filiales dans des secteurs très diversifiés : l’automobile (Auto Diffusion), la maintenance pétrolière et les travaux (MMP-BTP), l’aérien (TOA), la santé (Polyclinique Ilafy) ou encore dans la presse (avec les journaux La Vérité et Madagascar Matin).

Mamy Ravatomanga est également un personnage très proche du président malgache Andry Rajoelina.

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