Diplomatie

Guinée-Liberia : Alpha Condé et George Weah affichent leur volonté de rapprochement

Alpha Condé et George Weah, le 12 juillet 2019, sur le Port de Conakry. © DR / Présidence guinéenne.

Renforcement des échanges, développement des infrastructures portuaires et sécurité ont été au menu des échanges entre George Weah et Alpha Condé lors de la visite du président libérien en Guinée, du 11 au 13 juillet.

Depuis un an et demi qu’il est au pouvoir, le président du Liberia n’avait pas visité son voisin du nord. Certains commençaient déjà à spéculer sur ses relations avec son homologue guinéen Alpha Condé, « mal accueilli » selon des médias sénégalais à l’investiture en janvier 2018 de l’ancien footballeur élu président. Condé y avait fait une brève apparition, avant de continuer sur Davos, en raison de son « calendrier très chargé », avait alors argué Tibou Kamara, ministre guinéen de l’Industrie. Le séjour de 48 heures, au cours duquel George Weah était accompagné de cinq de ses ministres, devrait effacer ces suspicions.

Renforcer les échanges

Et pour mieux mettre en scène cette entente affichée, l’ancien footballeur et son hôte ont improvisé une partie de foot lors d’une visite de la Bluezone de Kaloum, « espace de récréation et d’incubation » construit par le groupe Bolloré. Autres sites visités par les deux chefs d’État : le port de Conakry et le terminal minéralier de Dapilon, construit par la Société minière de Boké (SMB).

Au cours de leur tête-à-tête à l’hôtel Kaloum et du banquet présidentiel au Palais Sékhoutouréya, Alpha Condé et George Weah ont affiché leur  volonté commune de voir se renforcer les échanges entre la Guinée et le Liberia.

Cela passera notamment par l’évacuation future des ressources minières de la Guinée forestière, frontalière avec le Liberia, par le port de Buchanan, plus proche que celui de Conakry, distant de près d’un millier de kilomètres. Il faut toutefois préciser que cette coopération ne concernera que les gisements de moindre envergure. Ce qui exclut de facto le très riche minerai de fer du Simandou et le projet du Transguinéen – 650 kilomètres de rails que projetait de construire Rio Tinto -, à en croire le ministre d’État chargé des Transports, Aboubacar Sylla, interrogé par  Jeune Afrique.

Ce dernier s’est de son côté entretenu avec son homologue libérien Samuel Wlue à propos de la relance de la compagnie « Air Mano », du nom de l’organisation d’intégration économique qui réunit la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia et la Côte d’Ivoire. La compagnie, qui avait fait des brèves liaisons entre les pays membres, est clouée au sol depuis 1998, du fait des guerres civiles au Liberia et en Sierra Leone.

Questions sécuritaires

En marge de la visite d’État, Mohamed Diané, ministre de la Défense, a aussi évoqué avec son homologue libérien la nécessité d’organiser des patrouilles mixtes le long des frontières des deux pays, avec un objectif affiché : « éviter des infiltrations de part et d’autre, échanger des renseignements au niveau des états-majors et surtout créer la confiance entre les deux pays », précise Aladji Cellou Camara, directeur des relations publiques avec l’armée (DIRPA).

Car si, depuis la fin des années 1990, la région n’a pas fait l’objet d’attaque rebelle, la menace terrorisme demeure. « Le risque zéro n’existe pas, martèle Aladji Cellou Camara. La Guinée avait été attaquée par ses frontières sud avec la Sierra Leone et le Liberia, Charles Taylor ne s’entendait pas très bien avec le général Lansana Conté. Cela n’est plus d’actualité. Le président de la République, en recevant George Weah, a redit que la Guinée ne servira jamais de base arrière pour déstabiliser le Liberia ou un pays africain. Le président libérien a donné les mêmes assurances à son hôte. »

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