Politique

Missiles de l’armée française en Libye : Tripoli réclame des explications à Paris

Le président du conseil présidentiel libyen Fayez al-Sarraj (g.) et le commandant de l’armée nationale libyenne Khalifa Haftar, se serrent la main sous le regard d’Emmanuel Macron, président français, à l'issue de la rencontre de ce mardi 25 juillet près de Paris.

Le président du conseil présidentiel libyen Fayez al-Sarraj (g.) et le commandant de l’armée nationale libyenne Khalifa Haftar, se serrent la main sous le regard d’Emmanuel Macron, président français, à l'issue de la rencontre de ce mardi 25 juillet près de Paris. © Michel Euler/AP/SIPA

Le Gouvernement libyen d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU, a demandé jeudi des explications « urgentes » à Paris, après que la France a reconnu que des missiles découverts dans un QG du maréchal Khalifa Haftar près de Tripoli lui appartenaient.

Dans une lettre, le ministre des Affaires étrangères du GNA, Mohamad Tahar Siala, a demandé à son homologue français, Jean-Yves Le Drian, « d’expliquer de manière urgente le mécanisme par lequel les armes françaises découvertes à Gharyan sont parvenues aux forces de Haftar, quand ont-elles été livrées et comment? », selon un communiqué du ministère.

Mohamad Tahar Siala a également souhaité connaître « les quantités d’armes » qu’aurait fournies la France au maréchal Haftar, et « dont l’existence (en Libye) contredit les déclarations du gouvernement français (…) de soutien au GNA, comme seul reconnu internationalement ».

La France a admis mercredi que des missiles découverts dans une base des forces du maréchal Haftar près de Tripoli lui appartenaient, tout en réfutant les lui avoir fournis.

« Les missiles Javelin trouvés à Gharyan appartiennent effectivement aux armées françaises, qui les avaient achetés aux États-Unis », a déclaré mercredi le ministère français des Armées, confirmant d’embarrassantes révélations du New York Times.

Le quotidien américain avait attribué mardi à la France la propriété de quatre de ces missiles américains antichar, découverts par les forces loyales au GNA à Gharyan, ville reprise fin juin au maréchal Haftar à 100 km de Tripoli. L’homme fort de l’Est libyen a lancé le 4 avril une offensive sur la capitale.

Embargo de l’ONU

« Ces armes étaient destinées à l’autoprotection d’un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contreterrorisme », a détaillé le ministère des Armées, ainsi forcé de confirmer la présence de forces françaises sur le territoire libyen.

Ces munitions, « endommagées et hors d’usage », étaient « temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction » et « n’ont pas été transférées à des forces locales », assure Paris qui se défend de les avoir fournies aux troupes de Haftar, sans pour autant expliquer comment elles ont fini sur cette base.

La France reconnaît avoir apporté du renseignement au maréchal Haftar dans l’Est et le Sud mais réfute tout soutien militaire dans son offensive contre Tripoli.

En 2016, trois militaires avaient péri lors d’une mission de renseignement dans l’Est. En dépit d’un embargo de l’ONU, des livraisons d’armements continuent d’affluer des deux côtés, faisant peser la menace d’une guerre par procuration entre puissances régionales.

Depuis le début de l’offensive de Haftar, les combats aux portes de la capitale libyenne ont fait 1 048 morts, dont 106 civils, et 5 558 blessés, dont 289 civils, selon un dernier bilan mardi de l’Organisation mondiale de santé.

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